May 2, 2018 / 10:52 AM / 7 months ago

LEAD 1-L'avenir douanier avec l'UE en débat autour de Theresa May

(Actualisé avec contexte politique)

par Alistair Smout et Andrew MacAskill

LONDRES, 2 mai (Reuters) - Theresa May réunit ce mercredi ses ministres concernés par le Brexit pour discuter du futur arrangement douanier avec l’Union européenne, sur lequel son Parti conservateur se déchire, mais il faudra sans doute des semaines pour arrêter la position de Londres, selon David Lidington, le numéro deux du gouvernement britannique.

“Je pense que nous allons avoir aujourd’hui une première discussion utile mais je m’attends à ce que nous parvenions à une conclusion dans les quelques prochaines semaines”, a déclaré le ministre d’État au Bureau du Cabinet sur l’antenne de Sky News.

Le Royaume-Uni doit sortir formellement de l’Union européenne dans moins d’un an, le 29 mars 2019.

En mars dernier, les dirigeants européens ont adopté les lignes directrices des négociations sur les relations futures entre les deux parties.

Dans le même temps, les Vingt-Sept ont proposé à Londres un accord de transition de 21 mois, jusqu’au 31 décembre 2020, afin d’aider les entreprises britanniques à se préparer à la sortie de l’Union. Les règles et dispositions européennes continueraient de s’appliquer au Royaume-Uni durant cette période.

DEUX OPTIONS SUR LA TABLE

En Grande-Bretagne, la nature des futures relations douanières post-Brexit avec les ex-partenaires communautaires divise le camp tory, dont les plus fervents partisans de la sortie de l’UE ne veulent pas entendre parler d’arrangements particuliers mais réclament une rupture nette avec l’ensemble communautaire.

Theresa May, qui a décidé que le Royaume-Uni quitterait l’union douanière de l’UE, a proposé deux options pour la suite:

1. un “partenariat douanier” avec l’UE, dans lequel les Britanniques continueraient de prélever les droits sur les produits destinés à des membres de l’UE;

2. un arrangement douanier simplifié à l’extrême (“highly streamlined customs arrangement”), qui minimiserait les contrôles douaniers en intégrant des solutions technologiques et numériques comme des déclarations en ligne préalables qui éviteraient aux camions de devoir s’arrêter et rendraient les passages aux frontières plus fluides.

Les deux options ont pour l’heure été rejetées par l’Union européenne, qui insiste sur la nécessité d’éviter un retour à une “frontière physique” entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

L’option du partenariat, indiquent des responsables européens, serait trop compliquée. Quant à l’option d’une “frontière numérique” avec système d’enregistrements des camions, elle relève des “contes de fées et d’elfes”, a dit le mois dernier un diplomate européen à Reuters.

“IL NE S’AGIT PAS D’UN ULTIMATUM”

A quelques heures de la réunion des onze ministres du “Brexit War Cabinet” de Theresa May, plusieurs députés conservateurs partisans d’un Brexit radical ont transmis mercredi leurs exigences à la BBC, réclamant de May qu’elle “retire promptement de la table” sa première option, celle du partenariat.

Dans un document de 30 pages, ils disent redouter que ce mécanisme ne soit trop coûteux et complexe à mettre en oeuvre et qu’il enferme indéfiniment le Royaume-Uni dans des accords douaniers avec l’UE, compliquant la capacité de Londres à négocier ses propres accords commerciaux avec des pays tiers.

Le sujet est-il de nature à faire voler en éclats le Parti conservateur, avec les risques liés pour un gouvernement dont la majorité parlementaire dépend déjà de l’appoint des élus unionistes nord-irlandais ? Interrogé par la BBC, l’ancien secrétaire d’Etat au Brexit David Jones a répondu qu’aboutir au final à un partenariat commercial “décevrait certainement de nombreux Brexiters”.

“La Première ministre doit prendre en compte dans ses calculs ce que serait exactement la réaction au sein des parlementaires et, plus largement, du Parti conservateur si nous devions entrer dans cette sorte de relation”, a-t-il ajouté.

Jacob Rees-Mogg, chef de file des Brexiters les plus fervents au sein du Parti conservateur, a rejeté pour sa part l’idée que ce texte serait une forme d’ultimatum adressé à Theresa May.

“Il ne s’agit pas d’un ultimatum, mais d’un document qui a été produit sur un aspect politique spécifique qui ne marcherait pas”, a-t-il dit mercredi matin au micro de la BBC.

Sur Sky, Lidington a écarté le risque d’un renversement de Theresa May en cas de mise en minorité sur ce dossier crucial de la négociation du Brexit.

PRESSION ELECTORALE

Ces tensions politiques au sein même du Parti conservateur risquent de s’accentuer encore au lendemain des élections des conseils locaux prévues ce jeudi à Londres et dans plusieurs autres régions du pays.

Ces scrutins porteront sur des enjeux très locaux (le ramassage des ordures ou les travaux de voiries, entre autres prérogatives des conseils locaux) mais leurs résultats seront analysés à l’aune des enjeux nationaux et européens.

D’après un sondage YouGov publié le 26 avril, le Parti travailliste, qui dirige déjà la mairie du Grand Londres, devancerait les conservateurs de 22 points de pourcentage et serait en passe de signer sa meilleure performance électorale dans la capitale. Les arrondissements conservateurs de Wandsworth et Westminster seraient même à la portée du Labour.

“Les politiques regardent toujours les derniers résultats électoraux en date et, par définition, ils vont regarder ce qui se passera le 3 mai et rendront leur verdict”, observe Robert Hayward, un ancien élu tory aux Communes spécialiste de l’analyse électorale. (avec Elizabeth Piper et William James Henri-Pierre André pour le service français)

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