May 1, 2018 / 9:46 AM / 4 months ago

France-1er-mai en ordre dispersé pour les organisations syndicales

* Plus de 240 manifestations en France menées par la CGT

* Les syndicats désunis pour cette fête du travail

* FO, prête à mener une mobilisation interprofessionnelle

* Les politiques s’invitent dans les cortèges

par Caroline Pailliez

PARIS, 1er mai (Reuters) - Manifestations, conférence de presse, projection d’un film, les organisations syndicales, qui sont divisées sur la ligne de conduite à adopter face aux réformes sociales du gouvernement, tiennent des actions dispersées en ce 1er-Mai.

La CGT, qui veut faire de la fête du Travail une journée de rapprochement des salariés afin de faire valoir des revendications communes, prévoit la tenue de plus de 240 manifestations en France.

“L’objectif, c’est de dire que la politique sociale du gouvernement ne correspond pas aux attentes. (...) Et puis de proposer d’autres choses : augmentation des salaires et des pensions”, a expliqué le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, sur BFMTV.

La centrale défilera seule sur le territoire. Les autres organisations représentatives des salariés, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC ont donné une fin de non recevoir à toute action unitaire.

Philippe Martinez dit “regretter” cette décision mais ne désespère pas de tenir une journée d’action interprofessionnelle “avant la fin du mois de mai”, avec “des manifestations partout en France pour montrer que les syndicats, au moins sur un certain nombre de sujets, défendent la même cause”.

La CFDT, a fait savoir qu’elle organisait un 1er-mai “revendicatif et culturel”, avec la CFTC et l’Unsa, deux autres syndicats dits réformistes. A Paris, elle diffusera le film “7 Minuti” du réalisateur italien Michele Placido, qui traite de dialogue social et de négociation collective.

“Je ne suis ni pour la convergence des luttes ni pour l’écrasement des revendications et des conflits”, a déclaré Laurent Berger dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews.

CLIMAT SOCIAL TENDU

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, prévoit une conférence de presse dans la capitale pour “présenter les grandes orientations de Force ouvrière” issues du 24e congrès réuni la semaine passée à Lille.

“Les confédérations ne se sont pas, peut-être, suffisamment vues et réunies pour essayer de faire (...) une sorte de bilan commun ou de diagnostic commun sur ce qu’il se passe”, a-t-il dit mardi sur franceinfo.

Contrairement à son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, il croit en la nécessité de mener une mobilisation interprofessionnelle et compte contacter cette semaine ses homologues pour en discuter.

La préfecture de police de Paris craint des violences et des dégradations dans le défilé de la capitale de la part de groupes extrémistes qui, dit-elle, entendent s’en prendre aux forces de l’ordre et aux “symboles du capitalisme”.

Le climat social est particulièrement tendu en France, entre les cheminots de la SNCF qui ont déclenché le 3 avril une grève par intermittence pour dénoncer la réforme du ferroviaire, les syndicats de la fonction publique qui s’opposent à la refonte du service public, certains étudiants, vent debout contre la loi modifiant l’accès à l’université, ou encore les retraités fâchés par la hausse de la CSG.

A cela se greffent des mobilisations dans le secteur privé. L’intersyndicale d’Air France, par exemple, a appelé à quatre nouveaux jours de grève en mai.

JONCTION, DIT MÉLENCHON

Pour le député de Gironde La République en marche (LaRem), Benoît Simian, les syndicats, notamment les cheminots, “politisent” les réformes engagées en raison des élections professionnelles à venir.

Il réfute, pour sa part, l’idée d’une coagulation des conflits. “On nous vend depuis des semaines la convergence des luttes, c’est tout sauf la convergence des luttes ce 1er-Mai”, a-t-il déclaré mardi sur franceinfo.

Les partis politiques comptent prendre part également à cette journée de mobilisation.

L’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, qui a créé le parti Les Patriotes en septembre, a appelé lundi ses militants à se joindre aux cortèges syndicaux. Pour Philippe Martinez, “il ne sera pas le bienvenu”.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a aussi indiqué mardi qu’il défilerait dans la capitale. Mais il ne souhaite pas pour autant reprendre à son compte les revendications syndicales.

“Je ne crois pas utile d’encadrer le mouvement social qui est aujourd’hui naissant et je souhaite que nous puissions respecter l’indépendance syndicale”, a-t-il déclaré mardi sur CNews. “Chaque fois qu’on a un parti politique qui cherche à un moment donné à encadrer ce mouvement, à l’utiliser à son propre profit, il asphyxie ce mouvement.”

Le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, défilera à Marseille. “Depuis le début je me bats pour qu’il y ait une jonction entre le mouvement social et les forces politiques. C’est en train de se faire”, a-t-il déclaré à la presse, en précisant entendre une ouverture dans le discours de Philippe Martinez à ce sujet.

Son organisation a appelé à une manifestation le 5 mai à Paris avec pour intitulé: “pour dire ‘Stop Macron!’”. (Edité par Danielle Rouquié)

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