April 30, 2018 / 7:44 AM / 7 months ago

LEAD 2-Sainsbury's et Asda annoncent leur fusion de £13,3 mds

* Le nouvel ensemble dépassera Tesco

* L’action Sainsbury’s a gagné jusqu’à 21%

* Walmart détiendra 42% du capital

* Une baisse des prix de 10% possible (Actualisé avec analystes, détail, contexte et cours de Bourse)

par James Davey et Sarah Young

LONDRES, 30 avril (Reuters) - Sainsbury’s et Asda, filiale britannique de l’américain Walmart, ont confirmé lundi avoir conclu un accord de fusion de 13,3 milliards de livres (10,9 milliards d’euros) en vue de créer la première chaîne de supermarchés britannique par la part de marché, dépassant le concurrent Tesco.

Ce rapprochement entre les deuxième et troisième chaînes de supermarchés britanniques aura pour effet de réduire les coûts et de renforcer le pouvoir de négociation face aux fournisseurs. Il permettra également de mieux concurrencer Tesco et les distributeurs discounters allemands comme Aldi et Lidl qui gagnent rapidement des parts de marché en Grande-Bretagne.

L’opération en numéraire et en actions pourrait également offrir à Walmart, qui a racheté Asda en 1999 pour 6,7 milliards de livres, une voie de sortie car sa filiale est à la peine ces cinq dernières années en raison de l’intensification de la concurrence des discounters.

Walmart, premier distributeur mondial, détiendra 42% du capital de l’entité issue de la fusion et recevra trois milliards de livres (3,40 milliards d’euros) de numéraire, valorisant sa filiale Asda autour de 7,3 milliards de livres.

Le géant américain a la possibilité de réduire cette participation à 29,9% après une période de deux ans et peut complètement en sortir au bout de quatre ans.

L’action Sainsbury’s, qui a gagné jusqu’à 21% à 327,1 pence en séance, au plus haut depuis juillet 2014, ne prenait plus que 15,5 à 10h00 GMT à la Bourse de Londres. Tesco reculait de 1% et Morrisons avançait de 0,04%, tandis que l’indice FTSE prend de 0,5% au même moment.

Mike Coupe, le directeur général de Sainsbury’s, dirigera dans le nouvel ensemble, qui conservera les marques Sainsbury’s et Asda.

Les deux groupes misent sur le fait que la transformation du secteur, avec notamment la montée en puissance du commerce en ligne, du “hard discount” et des opérations de fusions-acquisitions, pourrait tempérer une éventuelle opposition des autorités de la concurrence, de l’avis des analystes

Bruno Monteyne, analyste chez Bernstein, estime que si les autorités de régulation prennent en compte la concurrence des discounters dans leur examen de l’opération, le nouvel ensemble pourrait ne devoir céder que 8% de ses magasins.

Mais si ce n’était pas le cas, les cessions pourraient atteindre 15%, ce qui pourrait compromettre l’opération.

S’exprimant à la radio BBC, Mike Coupe a déclaré que des cessions étaient possibles, mais qu’aucune fermeture de magasins n’était prévue et que les consommateurs ne seraient pas affectés.

Le nouvel ensemble aura un chiffre d’affaires de 51 milliards de livres et un réseau de plus de 2.800 magasins.

FUSION RISQUÉE

Les quatre grands distributeurs britanniques, dont le numéro quatre Morrisons, perdent tous des parts de marché face à Aldi et Lidl et doivent également faire face à la concurrence croissante des distributeurs en ligne comme Amazon.

L’opération survient également après le rachat définitif par Tesco du grossiste Booker le mois dernier pour quatre milliards de livres.

Cette offre, qui a reçu l’aval de l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) en décembre, a peut-être encouragé Sainsbury’s et Asda à tenter leur chance en contre-partie d’une éventuelle cession de quelques magasins.

Sainsbury’s et Asda ont des cultures d’entreprises différentes et ne disposent pas du même type de clientèle. Le premier basé à Londres est performant sur les produits de sa propre marque, et le second dont le siège est à Leeds, dans le nord de l’Angleterre, se concentre sur les prix.

Des synergies d’au moins 500 millions de livres sont attendues, selon Sainsbury’s, ainsi qu’une baisse d’environ 10% des prix de nombreux articles.

Les analystes de Jefferies ont salué l’audace de Mike Coupe, qui s’était déjà distingué lors du rachat d’Argos en 2016.

“Sainsbury’s continue de nous surprendre avec ses opérations offensives”, ont déclaré les analystes dont l’opinion sur le titre est à “conserver”.

Bruno Monteyne, de Bernstein, a toutefois souligné les risques d’une fusion de deux entreprises aux cultures différentes, notant que le mariage entre Morrisons et Safeway, il y a plus de dix ans, avait débouché sur une baisse des ventes de 28%, en raison notamment des problèmes d’intégration.

Le fonds souverain Qatar Investment Authority, actuellement le principal actionnaire de Sainsbury’s avec une participation de 22%, a déclaré soutenir l’opération.

Sainsbury a également publié ses résultats annuels lundi. Sur l’exercice annuel clos au 10 mars, le groupe a dégagé un bénéfice imposable en hausse de 1,4% à 589 millions de livres, grâce aux synergies liées au rachat d’Argos en 2016, à des économies et à l’amélioration de la marge dans l’alimentation.

Voir aussi BREAKINGVIEWS-Sainsbury’s tries to succeed where Walmart flopped ( Wilfrid Exbrayat et Claude Chendjou pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below