April 27, 2018 / 10:36 AM / 7 months ago

LEAD 1-France-La croissance ralentit, mais pas de décrochage en vue

    * Une croissance trimestrielle en deçà des attentes
    * Les économistes y voient une simple correction 
    * Pas de rupture de rythme en vue 

 (Actualisé avec commentaires d'économistes)
    par Yann Le Guernigou
    PARIS, 27 avril (Reuters) - La croissance de l'économie
française a ralenti un peu plus que prévu au premier trimestre
de concert avec l'investissement des entreprises, mais les
économistes y voient surtout une correction après la fin 2017
euphorique plutôt qu'une véritable rupture de rythme.
    L'Insee a fait état vendredi d'une hausse de 0,3% du produit
intérieur brut sur les trois premiers mois de l'année, là où les
économistes attendaient 0,4%. 
    Cette évolution est la plus faible depuis l'été 2016, juste
avant l'accélération de la reprise d'après-crise, et fait suite
à une croissance confirmée à 0,7% au quatrième trimestre 2017.
    Mais le rythme annuel de la croissance reste au-dessus de
2,0% - à 2,1% - même s'il baisse de 0,5 point par rapport aux
trois derniers mois de l'an passé. 
    Le ministre de l'Economie et des Finances a réagi à ces
chiffres en déclarant ne pas craindre une "perte de dynamique"
de l'activité. 
    "La réalité, c’est qu'il y a eu un quatrième trimestre 2017
qui a été excellent et donc, comme toujours lorsqu'il y a eu de
très bons chiffres de croissance, il y a un léger tassement
ensuite. Il n’y a rien de très surprenant dans tout cela", a dit
Bruno Le Maire à son arrivée à une réunion des ministres des
Finances à Sofia.
    Philippe Waechter, chef économiste d'Ostrum Asset
management, partage ce diagnostic. "Je ne vois pas de signal
d'une rupture brutale et de retour à une croissance faible",
a-t-il indiqué. "Tout le monde à une croissance de l'ordre de
2,0% en tête pour cette année et cela suppose 0,4% par
trimestre, on n'en est pas loin".
    L'acquis de croissance pour 2018, à savoir l'évolution du
PIB si l'activité stagnait au cours des trois prochains
trimestres, se situe déjà à 1,2% au 31 mars.
    
    CALENDRIER FISCAL DÉFAVORABLE
    Le ralentissement du PIB annoncé par l'Insee était
perceptible dans les enquêtes sur le climat des affaires des
derniers mois en France comme dans le reste de la zone euro, en
repli sensible par rapport aux niveaux exceptionnellement élevés
de fin 2017 tout en témoignant d'une activité toujours robuste.

    La croissance du premier trimestre a été uniquement
alimentée par la demande intérieure finale, traditionnel moteur
de l'économie française, alors que les contributions de la
variation des stocks des entreprises et du commerce extérieur
ont été nulles.
    Dans le détail, la production totale de biens et services a
nettement ralenti au 1er trimestre (+0,3% après +0,9%), une
évolution due aux seuls biens, secteur où elle a reculé de 0,6%
(après une hausse de 1,2% au 4e trimestre 2017). 
    La production manufacturière a accusé un recul de 1,1%
(après +1,5%) du fait de la baisse importante en matériel de
transports (Airbus, automobile), un secteur qui avait porté
l'activité de fin 2017.
    Dans le même temps, la croissance de l'investissement des
entreprises est revenu à 0,5%, bien loin des 1,6% du dernier
trimestre 2017.
    "Il y a eu une forme d'exubérance de la confiance des
entreprises jusqu'en janvier, on normalise", estime Stéphane
Colliac, économiste France de l'assureur crédit Euler Hermes.
    La consommation des ménages a elle stagné pour le deuxième
trimestre consécutif s'agissant des achats de biens et sa hausse
globale (+0,2%, un rythme inchangé d'un trimestre sur l'autre) a
tenu uniquement aux services.
     Cette atonie "reflète les problématiques de pouvoir
d'achat", avec l'accélération de l'inflation, liée notamment au
pétrole, et un calendrier fiscal défavorable (hausses de la CSG,
du tabac et des carburants), souligne Stéphane Colliac.
    "Mais on sait déjà que les prochains trimestres seront plus
favorables" avec notamment la baisse de la taxe d'habitation,
dit-il, Philippe Waechter ajoutant que les créations d'emploi
toujours dynamiques devraient aussi favoriser la consommation.
    Stéphane Colliac maintient dans ces conditions sa prévision
de croissance de 2,1% sur l'ensemble de 2018, "car on devrait
avoir une accélération autour de 0,5% sur les trois derniers
trimestres."
      
    Le communiqué intégral sur le site de l'Insee
    here
        
 Le point sur la conjoncture française          
 Les chiffres clés de l'économie        tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
 (Édité par Yves Clarisse)
  
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