April 18, 2018 / 10:34 AM / 4 months ago

LEAD 2-Macron exhorte les syndicats de la SNCF à cesser de bloquer le pays

* Macron pris à partie par des syndicalistes CGT et Sud-Rail

* Il demande aux cheminots de ne pas prendre le pays “en otage”

* Le vote de la réforme à l’Assemblée mis en avant

* Le taux de grévistes est en baisse (Actualisé §10 avec les prévisions de trafic pour jeudi)

SAINT-DIÉ-DES-VOSGES, 18 avril (Reuters) - Emmanuel Macron a exhorté mercredi les syndicats de la SNCF à cesser de bloquer le pays au lendemain du vote par les députés du projet de loi “pour un nouveau pacte ferroviaire”, alors que le mouvement de grève intermittente a repris pour deux jours.

Le président français, en déplacement à Saint-Dié-des-Vosges sur le thème de la revitalisation des centres-villes, a été pris à partie par des cheminots de la CGT et de Sud-Rail avec lesquels il a engagé un échange parfois rugueux.

“Vous pouvez râler, mais ne bloquez pas tout le pays”, a-t-il répondu aux interpellations de syndicalistes qui l’entouraient en leur demandant d’accepter un changement parce que “vous êtes plus protégés que des fonctionnaires.”

“On est en désaccord mais je vous demande simplement de ne pas prendre en otage dans cette affaire”, a-t-il ajouté en rappelant sa position sur une reprise progressive de la dette, dont l’ampleur dépendra des efforts consentis.

Le texte adopté mardi à l’Assemblée nationale prévoit notamment la disparition du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés, l’ouverture progressive de l’entreprise à la concurrence et autorise le gouvernement à modifier par ordonnance le statut de la SNCF en société nationale à capitaux publics.

“Les syndicats sont libres de leur décision, mais, quand même je les invite à prendre en compte le fait que la représentation nationale, c’est-à-dire l’ensemble des Français, approuve cette réforme”, a déclaré la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur France 2.

“Je pense que c’est un appel à tout le monde à continuer un dialogue où l’on peut trouver des solutions, pas des solutions tournées vers le passé, des solutions tournées vers l’avenir”, a-t-elle ajouté.

BAISSE DU NOMBRE DE GRÉVISTES

Au premier jour du quatrième épisode de grève intermittente lancée à l’appel des quatre syndicats représentatifs, le trafic a été perturbé mercredi avec deux trains en circulation sur cinq pour les TER et Transilien, un train Intercités sur quatre, trois sur quatre pour les liaisons internationales et un TGV sur trois.

La SNCF a annoncé mercredi des prévisions de trafic identiques pour la journée de jeudi, alors que le taux de grévistes s’érode.

Le taux de déclaration de grévistes est passé de 48% au début du conflit à 32% pour cette nouvelle phase de deux jours de grève. Globalement, selon la direction, quatre cheminots sur cinq étaient à leur poste mercredi.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a salué pour sa part sur franceinfo la “majorité très nette” de 454 voix obtenue par le texte rallié par la droite et défendu les garanties apportées.

“La petite musique sur la privatisation rampante de ce service public est désormais derrière nous, ce sera une société détenue à 100% par l’Etat”, a-t-il ajouté.

Le projet de loi “pour un nouveau pacte ferroviaire” passera entre les mains des sénateurs à partir du 23 mai en commission et à partir du 29 mai en séance.

Le gouvernement espère un vote définitif sur la réforme “au plus tard début juillet”, précise-t-on au ministère des Transports.

Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, ce vote ne donne pas davantage de légitimité à la réforme.

“La démocratie parlementaire, nous la respectons, ça n’empêche pas qu’il y ait un débat de fond sur la question du service public ferroviaire. Et un député peut se tromper”, a-t-il dit mercredi sur le site des Echos.

La baisse du taux de déclaration de grévistes ne constitue pas, selon lui, le signal d’une baisse de la mobilisation.

“Nous sommes en période de congés scolaires”, dit-il en expliquant que le taux de grévistes est calculé sur l’ensemble des salariés de la SNCF et non pas sur les personnes présentes.

Il dit noter une “petite baisse” de la participation mais pas “une chute catastrophique”, avec des taux encore importants, selon lui, parmi le personnel de maintenance et les cadres. (Julie Carriat, avec Caroline Pailliez, Gilbert Reilhac à Saint-Dié, édité par Yves Clarisse)

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