April 17, 2018 / 11:33 AM / 3 months ago

LEAD 1-La Chine ouvre davantage ses marchés automobile et aéronautique

(Actualisé avec détails)

par Norihiko Shirouzu et Adam Jourdan

PEKIN/SHANGHAI, 17 avril (Reuters) - La Chine a annoncé mardi son intention de supprimer le plafonnement des participations étrangères dans l’automobile et l’aéronautique sur une période de cinq ans, un changement majeur qui ouvrira plus largement son marché à des constructeurs automobiles comme Nissan et Tesla.

La levée des plafonnements dans le segment des véhicules dits à énergie nouvelle - les modèles 100% électriques et les hydrides rechargeables - interviendra dès 2018, suivie en 2020 de la levée des limitations pour les véhicules commerciaux puis en 2022 de celle pour les voitures de tourisme, a précisé la Commission nationale du développement et des réformes (CNDR) dans un communiqué.

Depuis 1994, les groupes automobiles étrangers ne pouvaient détenir qu’au maximum 50% du capital d’une coentreprise locale en Chine. La suppression progressive de cette règle qui était destinée à soutenir les constructeurs locaux met fin à une pratique largement décriée sur fond de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

Selon des analystes, les principaux bénéficiaires de la réforme, au moins à court terme, seront les constructeurs spécialisés dans les véhicules à énergie nouvelle (NEV), notamment l’américain Tesla.

Le constructeur de la Silicon Valley cherche à installer une usine en propriété exclusive à Shanghai et son fondateur, Elon Musk, a déclaré le mois dernier que les règles concernant les entreprises étrangères dans le secteur de l’automobile étaient de nature à créer une concurrence déloyale.

Les constructeurs et les groupes technologiques cherchent à acquérir une part du segment en pleine croissance des véhicules à énergie nouvelle, la Chine ayant fixé des quotas stricts pour ces véhicules qui devront représenter au moins un cinquième des ventes dans le pays d’ici 2025.

Tesla n’était pas disponible dans l’immédiat pour un commentaire.

L’assouplissement des règles devrait en revanche accroître la pression sur les constructeurs automobiles locaux et potentiellement affecter une société comme BYD, qui compte le financier américain Warren Buffett parmi ses actionnaires.

DROITS TEMPORAIRES SUR LE SOJA

Les constructeurs automobiles traditionnels devront attendre un peu plus pour bénéficier de la réforme et pourraient même avoir plus à perdre qu’à gagner dans un premier temps si le modèle des coentreprises est abandonné, estime James Chao, responsable régional du cabinet d’études IHS Markit pour l’Asie-Pacifique.

“Les groupes étrangers peuvent déjà être dans une structure (en Chine)”, a-t-il déclaré, ajoutant que ce modèle était à présent tellement enraciné que beaucoup pourraient ne pas vouloir le changer.

“Si l’obtention d’une plus grande part pourrait constituer un avantage en termes de bénéfices, ils sont peut-être déjà trop dépendants de leurs partenaires chinois pour rompre ces liens.”

Un cadre dirigeant de General Motors a déclaré la semaine dernière que même sans plafonnement, le constructeur américain n’avait pas l’intention de couper ses liens avec son partenaire local SAIC Motor.

Honda a aussi pu bénéficier de l’essor du marché automobile chinois, devenu le premier du monde, grâce à ses coentreprises locales. “Pour l’heure nous n’avons aucun projet de modifier nos alliances capitalistiques”, a réagi un porte-parole du constructeur japonais.

Dans un communiqué, Nissan a déclaré qu’il “surveillerait l’évolution du cadre réglementaire et agirait en conséquence.”

La Chine supprimera également toutes les barrières concernant les participations étrangères dans les industries aéronautique et navale en 2018, a ajouté la CNDR.

Airbus et Boeing n’ont pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire de Reuters.

Le mois dernier, le Premier ministre Li Keqiang s’était prononcé en faveur de négociations avec les Etats-Unis et a réitéré la promesse d’un accès facilité au marché chinois pour les entreprises américaines, s’efforçant ainsi d’éviter une guerre commerciale entre les deux superpuissances.

Le pays a toutefois adressé mardi également un signal dans l’autre sens en imposant des droits temporaires sur le soja américain, à la suite d’une enquête anti-dumping entamée il y a plus de deux mois.

Lundi, les Etats-Unis ont interdit aux firmes américaines de vendre des composants à l’équipementier chinois ZTE pour une durée de sept ans, ravivant les tensions entre les deux superpuissances.

Voir aussi : BREAKINGVIEWS-Tesla in pole position to win U.S.-China trade war (Norihiko Shirouzu à Pékin et Adam Jourdan à Shanghai Véronique Tison et Claude Chendjou pour le service français)

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