April 16, 2018 / 2:01 PM / 4 months ago

Washington sanctionne le chinois ZTE pour ses liens avec l'Iran

par Steve Stecklow et Karen Freifeld

WASHINGTON, 16 avril (Reuters) - Le département américain du Commerce a interdit aux sociétés américaines de vendre des composants à l’équipementier télécoms chinois ZTE pendant sept ans pour avoir enfreint les termes des sanctions économiques imposées à l’Iran.

Le groupe chinois avait plaidé coupable l’an dernier devant un tribunal fédéral du Texas, reconnaissant avoir fourni illégalement à l’Iran des technologies et des biens américains. Il avait accepté de verser 890 millions de dollars (718 millions d’euros) en amendes et pénalités, un montant susceptible d’être augmenté de 300 millions de dollars.

Dans le cadre de cet accord, l’équipementier basé à Shenzhen avait pris l’engagement de licencier quatre salariés directement concernés et d’en sanctionner 35 autres en réduisant leurs primes ou en les réprimandant, ont déclaré à Reuters des responsables du département du Commerce.

Or si elle a bien procédé aux quatre licenciements, la société chinoise a admis en mars qu’elle n’avait pas sanctionné les 35 autres salariés mis en cause.

ZTE “nous a fourni des informations reconnaissant pour l’essentiel avoir fait des fausses déclarations”, a déclaré un haut responsable du département du Commerce. “C’était en réponse aux informations demandées par les Etats-Unis”.

“Nous ne pouvons pas nous fier à ce qu’ils nous disent”, a déclaré le responsable. “Et dans le commerce international, la vérité est très importante.”

ZTE n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.

Une enquête fédérale de cinq ans a révélé l’année dernière que ZTE avait contourné l’embargo américain sur l’Iran en achetant des composants américains, en les intégrant dans son matériel et en les livrant illégalement dans le pays.

On estime que les entreprises américaines fournissent de 25 à 30% des composants utilisés dans les équipements de ZTE, notamment dans les équipements de réseaux et les smartphones.

Le gouvernement américain enquêtait sur ZTE depuis la publication en 2012 par Reuters d’informations montrant que l’équipementier chinois avait signé des contrats de livraison de produits et de logiciels américains à TCI, le principal opérateur télécoms iranien, et à une filiale du consortium qui le contrôle, pour des millions de dollars. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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