April 12, 2018 / 10:38 AM / 8 months ago

France-Les rivaux d'EDF craignent un accès restreint au nucléaire

PARIS, 12 avril (Reuters) - Le gouvernement envisage de restreindre l’accès au nucléaire d’EDF donné aux fournisseurs alternatifs d’électricité, selon des informations diffusées jeudi par des associations d’énergéticiens alternatifs et de grands consommateurs.

Depuis 2011, l’Arenh (Accès régulé au nucléaire historique) permet aux alternatifs d’acheter à EDF des volumes d’électricité d’origine nucléaire à un prix fixé à 42 euros par mégawatts/heure pour approvisionner leurs propres clients, un mécanisme conçu pour développer la concurrence sur le marché français.

Mais l’électricien public souligne régulièrement l’impact négatif du dispositif sur ses résultats, critiquant un prix de vente trop bas et les possibilités d’arbitrage de ses concurrents, et la Cour des comptes a proposé mi-mars de le modifier afin de l’adapter aux coûts croissants du nucléaire.

Plusieurs associations d’énergéticiens alternatifs et de grands consommateurs ont évoqué jeudi un projet d’évolution de l’Arenh introduisant “des modifications très substantielles du dispositif qui, si elles étaient adoptées en l’état, mettraient en cause la dynamique d’ouverture du marché de l’électricité en France”.

Dans un courrier au ministère de la Transition écologique, ces groupements - parmi lesquels l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode) - précisent que le projet porté par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) prévoit en particulier “un mécanisme de restriction progressive des quantités mises à disposition”.

Les volumes proposés aux concurrents d’EDF atteignent actuellement 100 térawatts-heure (TWh), soit environ un quart de la production annuelle du groupe détenu à 83,5% par l’Etat français.

Les fournisseurs alternatifs, pour qui ce plafond devrait “être rehaussé significativement”, estiment en outre que le projet remettrait en cause le principe en vertu duquel ils doivent bénéficier de “conditions économiques équivalentes” vis-à-vis de l’opérateur historique.

Ils indiquent ainsi qu’ils sont “tout à fait défavorables aux modifications (...) envisagées par la DGEC, qui ne pourront avoir que des conséquences négatives sur la concurrence sur la fourniture d’électricité en France” et demandent au gouvernement de les rassurer sur sa volonté de “préserver l’équilibre” du dispositif.

L’Association française indépendante de l’électricité et du gaz (Afieg), le CLEEE (grands consommateurs industriels et tertiaires français d’électricité) et l’Union professionnelle des industries privées du gaz (Uprigaz) sont les autres signataires du courrier adressé à Nicolas Hulot.

Le ministère de la Transition écologique n’a pas commenté ces informations dans l’immédiat.

Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

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