April 10, 2018 / 2:57 PM / a month ago

AVANT-PAPIER-USA/Banques-Les questions fiscales risquent d'éclipser un T1 solide

par David Henry

NEW YORK, 10 avril (Reuters) - Les résultats solides des grandes banques américianes attendus pour le premier trimestre risquent d’être éclipsés par de nouvelles dispositions fiscales qui jettent un doute sur leur capacité à rémunérer leurs actionnaires en augmentant les dividendes ou en rachetant des actions.

Les modifications dans la manière dont les entreprises peuvent comptabiliser des pertes subies sur les exercices antérieurs et les imputer sur leurs profits, jointes à des scénarios plus rigoureux pour les tests de résistance annuels imposés par la Réserve fédérale, risquent de rendre plus incertaine l’obtention d’un feu vert à une hausse de la part des profits distribués aux actionnaires.

“La solidité des résultats du premier trimestre pourrait être éclipsée par des considérations décevantes sur le rendement du capital”, prévient Steven Chubak, analyste chez Nomura Instinet.

Les analystes s’attendent à ce que JP Morgan Chase, Wells Fargo et Citigroup, respectivement première, troisième et quatrième banques américaines par la taille du bilan, annoncent vendredi des résultats en nette hausse au titre du premier trimestre.

Huit années de reprise de l’économie américaine ont porté les banques et leurs profits mais la Fed n’a cessé depuis 2013 de durcir les scénarios du pire dans ses tests annuels de résistance, contribuant à maintenir la pression sur les exigences de fonds propres destinés à parer à d’éventuelles difficultés.

La réforme fiscale adoptée en décembre risque de représenter un double coup dur pour les banques dans le calcul de leurs fonds propres à l’issue des tests de résistance.

Après avoir dû déprécier leurs actifs d’impôts différés pour tenir compte de l’abaissement de l’impôt sur les sociétés, les banques se voient désormais interdire la possibilité de reporter des pertes sur les bénéfices de trimestres antérieurs dans la cadre des tests de résistance pour minorer leur imposition.

Les analystes mettront certainement les dirigeants de banques sur le gril pour obtenir des détails sur ces questions fiscales complexes et des tests de résistance déjà opaques. Les banques ont transmis leurs données comptables dans le cadre de ces tests la semaine dernière.

Le bénéfice net de JP Morgan, Wells Fargo et Citigroup sont attendus en hausse de respectivement 34%, 5% et 12%, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Les hausses de taux directeurs de la Fed, l’augmentation de la production de crédit à la faveur de la reprise, des commissions de placements plus élevés avec le dynamisme du marché primaire et des introductions en Bourse et la réduction de 14 points de pourcentage du taux de l’IS sont autant de facteurs qui devraient soutenir la rentabilité des banques.

IMPACT NEGATIF SIGNIFICATIF

Ces dernières devraient toutefois être confrontées à une diminution plus marquée de leurs niveaux de fonds propres anticipés à l’issue des tests de résistance de cette année, pronostique un économiste spécialisé sur le secteur, qui a requis l’anonymat.

Comme Steven Chubak, il dit ne pas pouvoir évaluer le montant de l’impact sur les fonds propres faute d’informations suffisantes de la part des banques.

Dans un document daté du 2 mars, la Fed a mentionné l’élimination des reports de pertes comme l’une des raisons pour lesquelles les nouvelles dispositions fiscales pourront avoir un impact négatif “significatif” sur certaines banques dans le cadre des tests de résistance de cette année.

Goldman Sachs a dit en janvier que son principal ratio de fonds propres avait baissé de 0,7 point de pourcentage à 10,7% à la fin du quatrième trimestre en raison d’une charge exceptionnelle due à la réforme fiscale.

Dans les tests de résistance conduits avant les changements de la législation fiscale, les reports de pertes pouvaient avoir un effet favorable sur le niveau des fonds propres, augmentant la probabilité qu’une distribution plus importante des profits, soit sous forme de dividendes, soit par rachats d’actions, soit autorisée par les régulateurs.

Capital One Fiancial avait expliqué en décembre la révision en baisse de ses projets de rachats d’actions par l’élimination de la possibilité de reporter des pertes.

Les banques pourraient aussi faire face aux scénarios “fortement défavorables” les plus sévères depuis 2009 dans le cadre des tests de résistance de la Fed avec notamment dans l’hypothèse la plus extrême une hausse du taux de chômage de 6 points de pourcentage à 10%.

Dans sa communication du mois de mars, la Fed avait aussi prévenu que des modifications dans plusieurs modèles d’évaluation des risques pourraient réduire les fonds propres avec des “effets significatifs” là encore dans certains cas.

La Fed prévoit notamment de calculer différemment la probabilité de défaut sur les cartes de crédit américaines. JP Morgan et Citigroup, deux des principaux émetteurs de cartes de crédit, n’ont pas communiqué sur leurs perspectives de distribution au vu de cette communication de la Fed. (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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