March 18, 2018 / 5:49 PM / 5 months ago

RPT-À WALL STREET-L'histoire d'amour avec les techs pourrait mal finir

(Répétition sans changement d’une dépêche transmise dimanche)

par Noel Randewich

SAN FRANCISCO, 19 mars (Reuters) - Les rendements exceptionnels offerts par Amazon.com, Netflix et autres géants de la technologie ont en fait les vedettes de Wall Street, mais certains stratèges estiment que la dépendance des investisseurs vis-à-vis de ces poids lourds accentue le risque d’un retournement brutal.

Amazon a gagné 35% depuis le début de l’année, ce qui porte sa capitalisation boursière à 770 milliards de dollars (628 milliards d’euros), soit l’équivalent de 3% de celle du S&P-500, juste derrière Apple et ses 4%.

La valorisation cumulée d’Apple, de Facebook, d’Amazon, de Netflix et d’Alphabet, la maison-mère de Google, a augmenté de plus de 40% l’année dernière à 3.000 milliards de dollars et ces cinq groupes pèsent désormais 25% du Nasdaq Composite.

UN “MARCHÉ SATURÉ”

Les valeurs technologiques ont largement été considérées ces derniers mois comme un “marché saturé”, sur lequel la plupart des investisseurs agissent à l’identique, ce qui augmente l’éventualité d’un mouvement de ventes si le sentiment général change.

“C’est un marché très dynamique, peu importe aux investisseurs s’ils paient 15, 20 ou même 50 fois les bénéfices”, estime Michael O’Rourke, stratège chez JonesTrading. “Le problème c’est qu’une fois que ces poids lourds commencent à ne plus réaliser ces performances, alors le marché commence à avoir des problèmes.”

Les investisseurs ont été séduits par ces titres pour de bonnes raisons: le chiffre d’affaires d’Amazon a bondi de 31% à 178 milliards de dollars en 2017, et les analystes estiment que le bénéfice net de Netflix devrait plus que doubler en 2018 à 1,2 milliard de dollars.

La Réserve fédérale devrait annoncer mercredi un relèvement de ses taux d’intérêt, mais cette hausse largement anticipée ne devrait pas avoir un grand impact sur les sociétés technologiques, qui ont généralement moins recours à l’endettement que les entreprises d’autres secteurs.

L’indice du secteur technologique du S&P-500 < .SPLRCT> a perdu en moyenne 0,3% sur les cinq séances suivant les quatre dernières hausses d’intérêt de la Fed, tout comme le S&P-500, selon des données de Thomson Reuters.

Les investisseurs, qui se demandent combien de temps encore peut durer ce marché haussier, ont estimé que les géants de la tech étaient les valeurs les plus sûres parce que leurs modèles économiques sont souvent perçus comme disruptifs et moins sensibles aux retournements économiques, au moins sur le long terme.

Amazon, qui poursuit son développement et, après la distribution en ligne et les services de cloud, investit les secteurs des supermarchés traditionnels et même de la santé, se traite 167 fois ses bénéfices estimés, contre 100 il y a un an, selon Thomson Reuters Datastream, à comparer à 17 pour le S&P-500.

“Posez la question à n’importe qui, si c’est un chef d’entreprise, il vous répondra qu’il redoute Amazon. Si c’est un investisseur, il vous répondra qu’Amazon n’a pas fini de grimper”, explique Andrew Bodner, président de Double Diamond Investment Group.

“Globalement, cela rend le marché plus volatil parce que tout le monde détient des titres Amazon, et que si Amazon baisse, les effets s’en feront sentir”, dit-il.

DES SIGNES DE RALENTISSEMENT

La dépendance croissante des investisseurs aux fonds indiciels gérés passivement a également contribué au rally des valeurs technologiques parce que leur appartenance au S&P-500 et à d’autres indices leur garantit qu’elles récolteront des fonds même si elles se traitent à des PER très élevés, poursuit Mike O’Rourke.

Certaines technologiques montrent déjà quelques signes d’essoufflement. Facebook a perdu 5% après avoir touché un record début février, certains investisseurs craignant que les internautes passent moins de temps sur le réseau social.

Le compartiment tech du S&P-500 se traite à un PER relativement élevé de 18,8, soit 12% au-dessus de sa moyenne de 15 ans, un niveau qui représente une menace potentielle pour le rally, selon Thomson Reuters Datastream.

Si les bénéfices du compartiment de la technologie sont attendus en hausse de 17,5% en 2018, cette progression est toutefois inférieure aux 20,8% qu’il a enregistrés l’année dernière et aux +19,5% attendus pour le S&P-500 dans son ensemble, selon Thomson Reuters I/B/E/S.

Les groupes technologiques pourraient profiter moins que les autres des baisses d’impôts adoptées cette année, relève Lindsey Bell, stratège investissement de CFRA Research.

Alors que les craintes d’une guerre commerciale déclenchée par les Etats-Unis ont fait vaciller lundi le S&P-500, le Nasdaq a terminé lui sur un record, regagnant plus que le terrain perdu il y a un seulement un mois.

“Les investisseurs font avec ce qui fonctionne, et si les technologiques fonctionnaient avant les remous de février, alors ils vont continuer avec”, explique Joe Saluzzi, de chez Themis Trading.

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français

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