March 15, 2018 / 4:17 PM / 8 months ago

Merkel vendredi à Paris pour parler Europe avec Macron

par Paul Carrel

BERLIN, 15 mars (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel, qui vient d’entamer un quatrième mandat, s’entretiendra vendredi à Paris avec le président Emmanuel Macron des projets de réforme de la zone euro.

Merkel, qui a pris cette semaine la tête d’une nouvelle “grande coalition” à Berlin, entend respecter la promesse de son gouvernement d’offrir à l’Europe “un nouveau départ”, en étroite coopération avec la France.

Emmanuel Macron, lors d’un discours à la Sorbonne en septembre dernier, a proposé aux Européens d’approfondir leur intégration dans tous les domaines et de travailler à une refondation du bloc communautaire d’ici 2024.

Il a notamment confirmé son souhait de créer un budget de la zone euro.

Le président français était impatient de voir se former un nouveau gouvernement en Allemagne après les élections législatives de septembre, ce qui a pris près de six mois.

“Je suis très heureuse de voir la France revenir en force sur la scène européenne et Emmanuel Macron faire des propositions”, a déclaré Angela Merkel mercredi à la ZDF.

La chancelière est consciente des tentations populistes dans son pays comme en France. Lors des dernières élections allemandes, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), un mouvement d’extrême droite eurosceptique et anti-immigration, a fait son entrée au Bundestag, avec plus de 90 élus.

Au sein même de son gouvernement, les conservateurs sont bien moins enthousiastes que les sociaux-démocrates sur une plus grande intégration européenne et très réticents sur une “mutualisation” des risques et des dettes avec d’autres pays.

UNION BANCAIRE

Des divergences sont apparues cette semaine lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro, où Français et Allemands n’ont pu cacher leurs différences d’approche sur les projets d’union bancaire et d’union des marchés de capitaux.

Angela Merkel a assuré mercredi que l’Allemagne irait de l’avant sur le projet d’union bancaire, même si cela implique des négociations difficiles.

“L’union bancaire, oui, mais il faut d’abord que les banques réduisent leurs risques chez elles et cela exige des discussions”, a-t-elle dit. “Nous devons discuter du niveau de mutualisation que nous voulons mettre en place.”

Des responsables français soulignent la nécessité d’aller de l’avant sans trop attendre car en 2019 interviendront le Brexit, les élections au Parlement européen et la mise en place d’une nouvelle Commission à Bruxelles.

D’après eux, les projets de créer un ministère des Finances de la zone euro, ainsi qu’un budget commun, semblent pour le moment mis de côté.

Un responsable français reconnaît qu’il y a actuellement une tendance à laisser les choses en l’état.

“Etant donné l’opposition affichée des Pays-Bas, des pays nordiques et d’autres Etats (de la zone euro), les chances de trouver un terrain d’entente, même si la France et l’Allemagne se mettent d’accord sur les mesures qu’elles veulent prendre, sont minces”, dit-il.

Cette refonte de l’Europe prendra du temps, dit-on à l’Elysée.

“Nous n’avons jamais pensé qu’en six mois nous allions réformer l’Europe selon les rêves français”, explique-t-on. “C’est un travail de longue haleine qui se fait avec humilité vis-à-vis de nos partenaires. On n’est pas là pour imposer une vision française mais pour être une force de proposition.” (Avec Andreas Rinke à Berlin et Jean-Baptiste Vey à Paris; Guy Kerivel pour le service français, édité par Arthur Connan)

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