March 15, 2018 / 9:07 AM / 8 months ago

BOURSE-Société générale chute après le départ du DG délégué Didier Valet

PARIS, 15 mars (Reuters) - Société générale accuse la plus forte baisse du CAC 40 jeudi matin en Bourse de Paris au lendemain de l’annonce du départ de son directeur général délégué Didier Valet, qui ramène sur le devant de la scène le dossier du contentieux lié au taux Libor.

Le titre de la banque abandonne 3,17% à 43,64 euros à 09h52 alors que le CAC progresse de 0,23%.

Le groupe a simplement expliqué mercredi soir que le départ de Didier Valet était lié à “une différence d’appréciation dans la gestion d’un dossier juridique spécifique” mais une source proche du dossier a précisé à Reuters que le dossier concerné était celui du Libor aux Etats-Unis.

Les accusations de manipulation des taux interbancaires constituent l’un des trois gros contentieux en cours pour la banque, qui a provisionné au total 2,32 milliards d’euros au titre des litiges.

Pour Kepler Cheuvreux, le départ de Didier Valet “d’un point de vue strictement financier, signifie probablement que la procédure juridique en cours sur le Libor aux Etats-Unis ne se passe pas bien”.

L’intermédiaire a relevé d’un milliard d’euros, à 4,8 milliards, son estimation du coût global des litiges et abaissé ses estimations de bénéfice par action (BPA) pour 2018, 2019 et 2020.

DOUTES SUR LES OBJECTIFS DE DIVIDENDE ET DE RATIO CET1

“Si la banque veut atteindre un objectif de ratio CET1 de 12% d’ici 2020 sans lever de capitaux, nous pensons qu’elle devra renoncer à son objectif d’un ratio de distribution de 50% et laisser son dividende inchangé au niveau de 2017 pendant les trois prochaines années”, ajoute Kepler Cheuvreux, à “conserver” sur la valeur avec un objectif de cours de 46,95 euros.

KBW, à “sous-performance” sur le titre, critique la communication de la banque qui selon lui “suscite plus de question qu’elle n’apporte de réponses”.

De son côté, JPMorgan, “neutre” avec un objectif de 49 euros, pense que la démission de Didier Valet pourrait accélérer le calendrier des règlements avec les autorités américaines, “ce qui serait positif car les menaces liées aux litiges pèsent sur les performances du titre depuis plus d’un an”.

La banque américaine table sur 500 millions d’euros de provisions supplémentaires cette année et s’attend elle aussi à un dividende inchangé à 2,20 euros par action, qui équivaudrait selon ses estimations à un ratio de distribution de 53%.

Jefferies estime pour sa part que le départ de Didier Valet peut être vu comme le prélude à un règlement prochain avec les autorités américaines mais ajoute qu’il introduit un facteur supplémentaire d’incertitude sur l’issue des deux autres dossiers en cours (les soupçons de violation d’embargo et le différend commercial avec la Libyan Investment Authority).

Dans le pire des cas, poursuit la banque américaine, “en l’absence d’une meilleure visibilité sur l’issue des litiges à court terme, la décote de SG va continuer de se creuser”. Une décote qu’elle estime à 30% actuellement.

“Si un règlement prend du temps et se traduit par une facture élevée, cela pourrait remettre en cause le dividende minimum de 2,20 euros et l’objectif de CET1 2018 de 11,5%”, préviennent les analystes de Jefferies. “Dans ce cas, les investisseurs réclameraient de nouveaux changements au sein de la direction.”

Marc Angrand, édité par Blandine Hénault

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