March 14, 2018 / 12:19 PM / 8 months ago

LEAD 1-La BCE attend plus de signes de hausse de l'inflation

* L’inflation pas encore fermement orientée à la hausse

* La BCE aura besoin de signes plus précis

* L’évolution de la politique se fera à un rythme mesuré (Actualisé avec autres citations, précisions)

par Balazs Koranyi

FRANCFORT, 14 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne a besoin de plus de signes d’une convergence de l’inflation vers son objectif et elle ne mettra fin à ses rachats d’actifs que lorsqu’elle sera convaincue de la solidité de la trajectoire de hausse des prix, ont déclaré mercredi le président et le chef économiste de la BCE.

La BCE ayant renoncé la semaine dernière à son engagement à augmenter si nécessaire le montant mensuel de ses rachats d’actifs, les investisseurs sont désormais à la recherche d’indices sur la prochaine décision de l’institut.

Ils s’attendent à ce que l’institut de Francfort arrête d’ici la fin de l’année cette politique d’assouplissement quantitatif (QE) au vu d’une croissance économique auto-entretenue et d’une inflation en lente augmentation.

Le président de la BCE, Mario Draghi, et son chef économiste, Peter Praet, ont tous deux jugé lors d’une conférence à Francfort que l’inflation n’était pas encore sur une trajectoire soutenue, invitant à la patience, même si la confiance de la banque dans la trajectoire des prix se raffermit.

“Nous constatons actuellement que l’inflation est en train de converger vers notre objectif à moyen terme et nous sommes plus confiants que par le passé dans le fait que cette convergence se concrétisera”, a dit Mario Draghi .

“Mais nous avons encore besoin de constater de nouveaux signes que les dynamiques de l’inflation évoluent dans la bonne direction”, a-t-il cependant tempéré.

“Il y a une condition très claire pour que nous mettions un terme aux achats d’actifs nets: nous devons voir un ajustement continu de la trajectoire de l’inflation vers notre objectif”, a-t-il ajouté.

“En conséquence la politique monétaire demeurera patiente, persévérante et prudente.”

Ces déclarations ont contribué à affaiblir l’euro face au dollar.

Avec l’accélération de la croissance au sein de la zone euro, la BCE a très progressivement réduit son soutien monétaire craignant qu’un retrait trop brutal ne remette en cause les acquis et ne la contraigne à faire machine arrière.

LES AJUSTEMENTS POLITIQUES RESTERONT MESURÉS

Cette prudence est aussi liée à une faible inflation. Les prix à la consommation devraient rester en dessous de l’objectif d’un peu moins de 2% de la BCE dans les années à venir, alors que la région connaît sa cinquième année d’expansion, sa plus longue période de croissance depuis la crise financière.

“Les ajustements de notre politique resteront prévisibles et ils continueront à un rythme mesuré qui est le plus approprié pour consolider la convergence de l’inflation”, a déclaré Mario Draghi, selon lequel les “achats d’actifs nets restent nécessaires”.

“Lorsque les progrès vers un ajustement soutenu de la trajectoire de l’inflation seront jugés suffisants, un terme sera mis aux achats nets”, a-t-il dit.

Evoquant une éventuelle évolution de la politique de la BCE, Peter Praet a pour sa part déclaré que les indications données par la BCE devraient être modifiées, même si le moment n’est pas encore venu de débattre de l’enchaînement de ses décisions à venir.

“Avec le temps, l’indication selon laquelle les taux directeurs resteront à leurs niveaux actuels bien au-delà de la fin des achats nets d’actifs cessera progressivement de fournir des indications suffisantes sur l’évolution probable de la position de la politique monétaire”, a déclaré Peter Praet.

“Par conséquent, notre pilotage des anticipations sur la trajectoire de nos taux directeurs devra être davantage précisée et calibrée comme il se doit pour que l’inflation reste sur la trajectoire d’ajustement soutenue vers des niveaux inférieurs, mais proches de 2% à moyen terme.”

S’exprimant sur les nouveaux droits de douane américains, Mario Draghi a noté qu’ils créaient de l’incertitude mais que les premières estimations montraient que l’impact serait faible pour la zone euro.

Les marchés pensent que la BCE mettra fin à ses rachats d’actifs d’ici la fin de l’année avant de relever ses taux au deuxième semestre 2019, montre une enquête Reuters.

D’ici là, la prochaine étape de la normalisation de la politique monétaire de la BCE pourrait être une révision de son pilotage des anticipations, selon lequel elle s’engage actuellement à poursuivre ses rachats d’actifs jusqu’à un rebond manifeste de l’inflation. (Marc Joanny et Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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