February 28, 2018 / 3:30 PM / 8 months ago

REACTIONS -A Wall Street, Powell au bénéfice du doute

par Lewis Krauskopf

NEW YORK, 28 février (Reuters) - La réaction initialement négative de Wall Street à la première intervention publique du nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, pourrait être sans lendemain, estiment analystes et gérants qui soulignent sa connaissance des marchés et son souci de s’inscrire dans la continuité de la politique mise en oeuvre depuis deux ans.

La confiance affichée par le successeur de Janet Yellen dans la solidité de l’économie américaine et la convergence de l’inflation vers l’objectif de la Fed de 2% l’an a relancé les anticipations d’une accélération des hausse de taux et provoqué hausse des rendements à long terme et recul de Wall Street.

“C’est largement le représentant d’un changement dans la continuité”, a dit John Canavan, stratège de marché chez Stone & McCarthy Research Associates, ajoutant que du point de vue des investisseurs il s’était montré à l’aise et confiant.

Powell, qui a siégé au sein du conseil des gouverneurs de la Fed pendant plus de cinq ans avant d’en prendre la présidence, a dit que son appréciation des perspectives de l’économie s’était renforcée depuis le mois de décembre, une appréciation que les investisseurs ont interprété comme le signe d’une accélération à venir de la hausse des taux directeurs.

“Il a dit qu’il avait l’impression que l’économie se renforçait, une manière subtile de dire qu’il anticipera de plus en plus quatre hausses des taux cette année”, a déclaré Michael O’Rourke, stratège marchés chez Jones Trading.

Les investisseurs sont soucieux de s’adapter au changement à la tête de la Fed avec un nouveau président désigné par le président républicain Donald Trump pour succéder à Janet Yellen qui avait été elle désignée par le démocrate Barack Obama.

S’il est généralement admis que Powell poursuivra la normalisation monétaire sur la lancée de Janet Yellen, les investisseurs estiment que le changement à la tête de la banque centrale constitue un facteur de risque potentiel.

“On est en train d’apprendre à le connaître. Ses déclarations vont être disséquées, analysées, étudiées”, a dit John Carey, gérant de portefeuille chez Amundi Pioneer Asset Management.

Powell a pris ses fonctions le 5 février, le jour même où Wall Street a accusé son plus fort décrochage sur une journée en plus de six ans.

Interrogé lors de son audition devant le Congrès sur la correction boursière, il a déclaré : “Nous ne gérons pas la Bourse, nous assurons la stabilité des prix et l’emploi maximum.”

Il a ajouté: “La Bourse a une place dans notre raisonnement, c’est un lieu important pour les entreprises pour lever des fonds et pour les épargnants pour investir.”

“La Bourse n’est pas l’économie mais elle a un rôle, elle joue un rôle.”

La récente relance budgétaire et fiscale décidée par l’administration Trump a soulevé des inquiétudes des investisseurs quant à un risque de surchauffe d’une économie américaine déjà en croissance soutenue.

Powell a dit qu’une baisse des impôts sur les sociétés entraînerait un surcroît d’investissement, ce qui soutiendra la productivité et les salaires. Il a toutefois souligné qu’il était déterminé à maintenir l’objectif affiché de longue date par la Fed de maintenir l’inflation autour de 2%.

“Le message de son audition est qu’il est moins enclin à laisser l’économie s’emballer”, a dit Robert Phipps, directeur de Per Stirling Capital Management.

“De formation et par expérience, c’est un homme des marchés financiers pas un économiste”, a-t-il ajouté. “Il comprend le risque associé à une inflation qui ne serait plus maîtrisée.”

Après les déclarations de Powell, l’écart entre les taux courts et les taux longs s’est resserré, un aplatissement de la courbe des taux souvent présenté comme un signe précurseur de récession.

Interrogé sur la manière dont la Fed pourrait prévenir un aplatissement de la courbe des taux, Powell a déclaré: “C’est tout à fait classique que la courbe des taux s’aplatisse quand les taux courts se redressent avec le renforcement de l’économie.”

“Il y a toujours un risque de récession à un moment donné mais je ne pense pas qu’il soit au plus haut actuellement.”

Dans sa déclaration introductive avant le jeu des questions-réponses avec les membres de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants qui l’auditionnaient, Powell avait réaffirmé le scénario d’une hausse graduelle des taux d’intérêt.

“Il a refusé de s’engager sur une trajectoire (de taux) différente de celle qui prévaut actuellement, une trajectoire graduelle qui reconnaît que les taux vont augmenter et que la Fed va réduire son bilan”, a dit David Kotok, responsable des investissements chez Cumberland Advisors. (avec April Joyner, Caroline Valetkevitch, Megan Davies et Richard Leong à New York, Ann Saphir à San Francisco, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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