February 27, 2018 / 9:53 AM / 8 months ago

Le gouvernement tente d'écarter le risque d'un conflit à la SNCF

* Darmanin ne croit pas que le pays sera pris “en otage”

* Borne invite les syndicats à une concertation dès jeudi

* Les syndicats réunis pour organiser la riposte (Actualisé avec syndicats, appel au dialogue de Borne)

PARIS, 27 février (Reuters) - Le gouvernement s’est déclaré mardi persuadé que la concertation permettrait d’éviter un conflit à la SNCF, mais les syndicats maintiennent la menace d’une grève dure au lendemain de l’annonce du bouclage par ordonnances de la réforme ferroviaire.

Bruno Le Maire a répondu mardi sur France 2 aux mises en garde de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui avait dit la veille dans les Echos qu’il ne “laisserait personne cracher à la figure des cheminots”.

“Personne n’a envie de cracher à la figure des cheminots”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, démentant tout bras de fer. “Si on aime la SNCF, ce qui est mon cas, il faut cette transformation”, a-t-il assuré tout en précisant que l’éventuelle reprise par l’Etat de la dette de la SNCF serait conditionnée à la mise en oeuvre de la réforme.

Il s’agit d’une des conditions posées par le Premier ministre Edouard Philippe lundi en présentant la réforme, qui passe notamment par la fin du statut du cheminot. nL8N1QG2DT]

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a dit quant à elle sur BFM TV souhaiter le dialogue et la concertation, dès une réunion proposée jeudi aux organisations syndicales.

“Le rapport de force, ce n’est pas ce que souhaite le gouvernement, le gouvernement souhaite la concertation, deux mois de concertation”, notamment sur le calendrier de l’ouverture à la concurrence et celui de la fin du statut des cheminots, a-t-elle déclaré.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin a écarté pour sa part la perspective de longues semaines de paralysie à la SNCF, estimant que les syndicats seraient “responsables”.

“Je ne crois pas un seul instant que des syndicats, y compris la CGT, qui sont responsables, qui connaissent leur outil de travail, qui aiment leur métier sont capables de prendre en otage les Français pendant de très longues semaines”, a-t-il déclaré sur RTL.

LA CGT PROMET UNE RÉPONSE APPROPRIÉE

“Les Français, et les usagers en particulier, sont tout à fait conscients qu’il y a un sujet à la SNCF, que c’est une entreprise à sauver”, a-t-il déclaré.

“Beaucoup se souviennent de 1995, je crois qu’on n’est pas du tout dans la même ambiance”, a-t-il dit en référence aux trois semaines de grève qui avaient mis à l’arrêt les transports publics et fait reculer le gouvernement sur un plan de réforme du rail et des retraites présenté par le Premier ministre d’alors, Alain Juppé.

Selon une étude réalisée par RMC, Atlantico et Harris Interactive, 43 % des Français soutiennent les grèves et manifestations envisagées contre la réforme de la SNCF mais 69% sont pour la fin du statut du cheminot.

Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT doivent décider ce mardi d’entériner ou non le principe d’une grève unitaire.

La CFDT a annoncé dans un communiqué son intention de proposer aux trois autres syndicats représentatifs un appel à la “grève reconductible” à partir du 14 mars, avant même l’appel à manifester déposé pour le 22 mars, date qui coïncide avec une journée de mobilisation dans la fonction publique.

Mardi, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, majoritaire auprès des cheminots, a estimé qu’il était urgent de “mener un conflit”.

“Il y a urgence mais en même temps il y a à construire un mouvement avec les cheminots et à discuter avec les cheminots. En tout cas, on ne peut pas laisser faire ça sans rien faire et donc la réponse sera appropriée dès ce soir à l’attaque gravissime qui est portée contre les cheminots et les usagers”, a-t-il dit sur BFM TV.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a abondé dans le même sens sur RFI.

“Il va y avoir un conflit à la SNCF, c’est évident”, a-t-il dit. “Il y aura tous les syndicats dans l’action.” (Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)

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