February 19, 2018 / 4:06 PM / 3 months ago

LEAD 3-L'Espagnol De Guindos choisi pour la vice-présidence de la BCE

(Actualisé avec déclarations de Guindos)

par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio

BRUXELLES, 19 février (Reuters) - L’Espagnol Luis de Guindos a été choisi lundi par les ministres des Finances de la zone euro pour devenir vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui pourrait accroître les chances qu’un Allemand accède à la tête de la BCE l’an prochain.

Le ministre espagnol de l’Economie succédera le 1er juin au Portugais Vitor Constancio dont le mandat expire fin mai.

“L’Eurogroupe a apporté aujourd’hui son soutien à la candidature de Luis de Guindos pour le poste de vice-président de la Banque centrale européenne”, annoncent les ministres des Finances de la zone euro dans un communiqué.

Ce choix sera officiellement entériné lors d’un Conseil européen réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne fin mars.

“J’ai été ministre mais être ministre n’est pas quelque chose qui limite mon attachement à la défense de l’indépendance de la Banque centrale européenne. Je défendrai l’indépendance de la Banque centrale européenne”, a-t-il dit à la presse à Bruxelles, après avoir été choisi par l’Eurogroupe.

Luis de Guindos était seul en lice après le retrait lundi de la candidature de son unique concurrent, l’Irlandais Philip Lane, juste avant le début de la réunion de l’Eurogroupe.

A son arrivée à Bruxelles, le ministre irlandais Paschal Donohoe avait fait savoir dans un communiqué que son pays retirait la candidature de Philip Lane, gouverneur de la banque centrale d’Irlande, et apportait son soutien à Luis de Guindos dans un souci de consensus.

Les chances de Philip Lane paraissaient minces dès lors que la France et l’Allemagne, les deux pays les plus peuplés et les deux principales économies de la zone euro, ont publiquement apporté leur soutien à Luis de Guindos avant le début de cette réunion.

En cas de vote, le vainqueur devait réunir 14 voix sur 19 représentant 65% de la population de la zone euro.

“La France soutient la candidature de Luis de Guindos comme vice-président de la BCE”, avait dit le ministre français Bruno Le Maire à son arrivée à la réunion de l’Eurogroupe.

S’exprimant à ses côtés en français, son homologue allemand Peter Altmaier avait déclaré: “Luis de Guindos (...) a joué un rôle très souvent décisif à l’intérieur de l’Eurogroupe, il a une bonne réputation, il est reconnu par ses collègues, je crois que nous avons trouvé un bon candidat.”

L’Espagne n’a plus eu de représentant au sein du directoire de la BCE depuis la fin du mandat de Jose Manuel Gonzalez-Paramo en 2012.

PARTIE D’ÉCHECS

Ecarté de la course à la vice-présidence, Philip Lane, économiste de formation, sera probablement nommé chef économiste de la BCE lorsque ce poste deviendra vacant l’an prochain avec le départ de Peter Praet, ont dit des responsables de la zone euro.

Le choix d’une personnalité originaire d’un pays du sud de l’Europe pour la vice-présidence augmente la probabilité qu’un représentant d’un pays du nord, comme le gouverneur de la Bundesbank allemande Jens Weidmann, soit désigné pour remplacer Mario Draghi à la présidence de la BCE en 2019.

“On dirait que c’est bien le cas”, a dit un responsable de la zone euro. “Mais c’est une partie d’échecs et nous n’en connaissons pas encore tous les joueurs. Lane serait bien placé pour le poste de chef économiste mais pour Weidmann, cela dépend de la distribution des gros postes en 2019.”

Ces “gros postes” sont la présidence de la Commission européenne, celle du Conseil européen et celle du Parlement européen, qui seront toutes renouvelées l’an prochain.

D’après des responsables européens, Jens Weidmann pourrait succéder à Mario Draghi si, par exemple, un Français était nommé à la tête de la Commission européenne, comme Michel Barnier, actuellement chargé des négociations sur le Brexit avec Londres, ou Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

La désignation d’un Allemand à la présidence de la BCE risque toutefois de rencontrer des réticences compte tenu de l’opposition affichée publiquement par Jens Weidmann à la politique monétaire ultra-accommodante de l’institut de Francfort.

D’autres gouverneurs de banque centrale ont perçu son attitude comme un manque de loyauté en période de crise.

Sa position à l’égard de la politique suivie par la BCE le place en outre dans le camp minoritaire au sein du conseil des gouverneurs, dont il pourrait dès lors avoir du mal à préserver l’unité alors que cette instance prend généralement ses décisions avec le consensus le plus large possible, sans vote.

Autre écueil, Jens Weidmann a froissé certaines susceptibilités nationales comme lorsqu’il s’est attiré les foudres de Matteo Renzi, alors président du Conseil italien, pour avoir publiquement critiqué la lenteur avec laquelle, à ses yeux, Rome réduisait son endettement. (Avec Julia Fioretti et Peter Maushagen à Bruxelles et Yann Le Guernigou à Paris Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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