February 15, 2018 / 4:26 PM / 9 months ago

France-Blocage sur l'accord de compétitivité chez Bosch

TOULOUSE, 15 février (Reuters) - L’intersyndicale du site de Rodez (Aveyron) de l’équipementier automobile Bosch a estimé jeudi que les conditions n’étaient pas réunies pour entrer dans une négociation sur l’accord de compétitivité voulu par la direction.

Le site aveyronnais, spécialisé dans les injecteurs de moteurs, emploie 1.600 personnes. C’est l’une des usines françaises les plus exposées à la baisse accélérée des motorisations diesel en France et en Europe.

Cette technologie, ébranlée par le scandale de trucage des émissions polluantes de Volkswagen, a vu en quelques années son avantage compétitif en matière de consommation et d’émissions de CO2 relégué au second plan face à la facture croissante de sa dépollution.

Fin janvier, la direction du groupe allemand, en déplacement à Rodez, s’est engagée à investir 14 millions d’euros pour moderniser l’une des deux lignes de production que compte l’usine sous réserve qu’un accord de compétitivité soit signé par le personnel d’ici le mois d’avril.

Dans le cadre de la première réunion de négociation qui s’est tenue jeudi sur l’”accord de transition 2018-2021”, la direction du site a proposé selon les représentants du personnel “plusieurs pistes”, dont le recours au chômage partiel et la révision de l’accord sur le temps de travail sur cette période.

“Quand un salarié est en activité partielle, il touche 70% de son salaire brut. L’Etat prend 30% à sa charge et l’employeur 40%. Bosch demande à ne donner que 15% et que les salariés assument les 25% restants, ce qui pourrait se faire mécaniquement en impactant les salaires”, a déclaré à Reuters Yannick Anglarès, secrétaire CGT Bosch Rodez et membre de l’intersyndicale Sud Métal, CFDT, CFE-CGC,CGT.

“AUCUN ÉCLAIRCISSEMENT SUR L’EMPLOI”

“La réunion d’aujourd’hui n’a apporté aucun éclaircissement sur l’emploi, la charge de travail, la transition industrielle et l’avenir du site. Les conditions ne sont pas réunies pour entrer dans une négociation. Pour commencer à négocier, nous demandons a minima un engagement de Bosch sur les volumes de pièces à produire”, a ajouté le syndicaliste.

Se référant aux commandes et au plan de production de l’équipementier automobile, de 22 millions d’injecteurs en 2014 et de 24 millions en 2021, les représentants du personnel disent “ne pas comprendre pourquoi l’usine de Rodez se voit privée d’une ligne et de 40% de ses volumes”.

Pour eux, Bosch profite du scandale du diesel pour délocaliser ses productions dans les pays à bas coûts”.

Parmi les autres pistes évoquées jeudi matin lors de cette rencontre, la direction aurait également proposé la mise en place de formations et polyvalences pendant la période 2018-2021, l’aménagement du temps de temps pour les seniors mais sans plan de pré-retraite et d’encourager la mobilité du territoire avec la mise à disposition des salariés pour des entreprises d’Occitanie.

Interrogée par Reuters, la direction de Bosch n’a pas commenté ces informations dans l’immédiat.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a demandé à la direction allemande de Bosch d’investir dans l’usine et de diversifier l’activité de ce site. (Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)

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