February 13, 2018 / 7:42 AM / 5 months ago

LEAD 3-Kering boucle 2017 sur des résultats historiques grâce à Gucci

* Gucci franchit les €6,0 mds, en croissance organique de 45%

* Gucci peut croître de plus de 10% en 2018-PDG

* Saint Laurent poursuit son avance, Balenciaga monte en flèche

* Le résultat opérationnel du groupe grimpe de 56%

* Le résultat net plus que doublé, dividende en hausse de 30%

* Correction du titre en Bourse, après +85% en 2017 (Actualisé avec précisions, conférence, commentaires)

par Pascale Denis et Sarah White

PARIS, 13 février (Reuters) - Kering a publié mardi des résultats annuels historiques, dopés par les performances hors norme de Gucci qui lui ont permis de signer, de très loin, les meilleures performances du secteur du luxe.

Le groupe a vu ses ventes grimper de 27,2% à taux de change constants et de 27,2% au seul quatrième trimestre, tandis que son résultat opérationnel courant a bondi de 56,3% pour atteindre un record à 2,95 milliards d’euros, un chiffre supérieur aux 2,87 milliards attendus par les analystes, avec une marge en hausse de 380 points de base à 19,0%.

“Kering a réalisé une année phénoménale”, a déclaré son PDG François-Henri Pinault, qui s’est dit convaincu que le groupe devrait cette année encore, “grâce à la complémentarité de ses maisons (...) faire sensiblement mieux que le marché (..) dont la hausse devrait se situer entre 6% et 7%”.

Cette performance a été largement tirée par les résultats exceptionnels de Gucci, dont les ventes ont décollé de 44,6% à changes constants, avec un nouveau bond en avant de 42,6% au quatrième trimestre, au lieu des 39% attendus.

Malgré ces chiffres salués par les analystes, le titre Kering cède 3,21% à 367,8 euros à 15h16, accusant ainsi la plus forte baisse de l’indice CAC 40 (-0,26%).

Alors que le titre a touché un plus haut historique de 417,40 euros en janvier et gagné 84% l’an dernier, certains analystes comme ceux d’Exane BNP Paribas s’interrogent sur l’évolution de la croissance de Gucci à moyen terme.

La marque a pulvérisé tous les records, portée par une esthétique foisonnante qui rencontre les aspirations des jeunes consommateurs du luxe. Le succès des collections d’Alessandro Michele ne se dément pas et les tendances de janvier sont “en ligne avec celles du 4e trimestre, a précisé le PDG.

LOIN DEVANT LES MEILLEURS ELEVES DU SECTEUR

La griffe italienne, qui pèse pour plus de 70% des profits du groupe, a franchi pour la première fois la barre des 6,0 milliards d’euros de ventes (à 6,2 milliards) et son résultat opérationnel courant a grimpé de 69%, pour une marge record de 34,2%, en hausse de 550 points de base.

Elle laisse loin derrière les meilleurs élèves du secteur comme Louis Vuitton, propriété de LVMH, dont les ventes ont progressé d’environ 13% l’an dernier, ou comme Hermès , aux performances moins spectaculaires mais plus régulières, et dont la croissance a été de 8,6%.

Gucci a étoffé son offre avec succès, proposant aux “millenials” des produits plus accessibles, étendant aussi son offre pour hommes et celle de ses accessoires (lunettes et bijoux). Elle s’est aussi récemment lancée dans la décoration.

Elle profite aussi, comme ses concurrents, d’une explosion des ventes auprès de la clientèle chinoise et d’une montée en flèche de ses ventes en ligne, qui ont grimpé de 80%.

Toutefois, après une telle explosion et des bases de comparaisons qui s’annoncent difficiles pour 2018, la “normalisation” de sa croissance constitue un enjeu de taille.

Le risque de lassitude, la fidélisation de la masse de ses nouveaux clients ou l’évolution de sa ligne créatrice sont autant de défis pour la marque à moyen terme.

François-Henri Pinault a toutefois jugé “extrêmement saine” la croissance de Gucci qui s’opère dans un réseau de magasins quasiment stabilisé et il s’est dit “très confiant” dans la capacité de la marque à faire mieux que le marché.

Sa croissance organique devrait dépasser les 10% en 2018, a-t-il précisé à la presse.

BALENCIAGA, NOUVELLE ETOILE MONTANTE

Le dirigeant a également estimé que Kering n’avait “absolument pas besoin d’acquisitions à court ou moyen terme pour générer de la croissance”.

Pour faire mieux que le marché, le groupe entend aussi s’appuyer sur Saint Laurent - qui déploie son réseau de magasins - sur le redressement en cours de Bottega Veneta mais aussi sur Balenciaga, nouvelle étoile montante du groupe.

La marque a vu ses ventes décoller de plus de 40% l’an dernier. Portée par le succès des créations avant-gardistes du designer Demna Gvasalia que s’arrachent les millenials, elle devrait atteindre le milliard d’euros de ventes à moyen terme.

Saint Laurent a poursuivi sa marche en avant avec une croissance de plus de 20% pour la 7e année consécutive. Ses ventes annuelles ont atteint 1,5 milliard d’euros et son résultat opérationnel s’est envolé de 40%.

Kering a aussi profité du redressement de l’équipementier sportif Puma , qu’il s’apprête à céder à ses actionnaires, dix ans après son rachat, faute de synergies avec les actifs de luxe.

Les ventes du groupe ont totalisé 15,48 milliards d’euros, un chiffre proche des 15,38 milliards attendus. Le résultat net part du groupe a plus que doublé (+119,5%) à 1,79 milliard d’euros et le dividende proposé a été relevé de 30% à 6,00 euros.

* Voir aussi :

Le communiqué : bit.ly/2EYs7d5

ANALYSE-Gucci, une effervescence qui suscite des interrogations

Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot

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