February 12, 2018 / 7:41 PM / 7 months ago

ENCADRE-Les ambitions s'aiguisent pour succéder à Angela Merkel

par Andreas Rinke

BERLIN, 12 février (Reuters) - Angela Merkel se prépare à son dernier mandat de chancelière allemande, a reconnu lundi l’un de ses alliés laissant entendre que les manoeuvres s’intensifiaient en vue de la succession de la dirigeante la plus puissante d’Europe.

“Il est clair pour tout le monde que la chancelière va entamer son dernier mandat et qu’elle va habilement mettre en place, pendant ces quatre années, sa succession”, a dit à la radio Deutschlandfunk l’un des responsables de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), et commissaire européen au Budget, Günther Öttinger.

Mais aux yeux de certains, cette succession pourrait avoir lieu plus tôt que prévu alors que la grogne persiste après l’accord de gouvernement avec le SPD et se manifeste au sein même du bloc conservateur, où la décision de laisser le portefeuille des Finances à un social-démocrate a beaucoup de mal à passer.

Si Öttinger et Merkel elle-même, âgée de 63 ans, se projettent jusqu’en 2022, d’autres souhaitent une passation de pouvoir plus rapide.

Voici plusieurs groupes et personnalités qui pourraient jouer un rôle décisif au cours de cette période:

* L’AILE ENTREPRENEUR DU BLOC CDU-CSU

Les milliers de petites et moyennes entreprises du “Mittelstand” ne sont pas seulement l’ossature de l’économie allemande, elles constituent aussi la colonne vertébrale de la CDU et de son alliée bavaroise l’Union chrétienne-sociale (CSU). Des parlementaires représentant les intérêts du “Mittelstand” font partie de ceux qui critiquent Merkel de longue date.

Christian von Stetten, député CDU âgé de 47 ans qui représente les intérêts des entreprises, était un farouche opposant des mesures de Merkel pour renflouer la Grèce au moment de sa crise financière ou encore pour ouvrir les frontières allemandes à plus d’un million de migrants en 2015 au moment de la crise migratoire.

Carsten Linnemann, à la tête de l’association du “Mittelstand” au sein du bloc CDU-CSU, est lui allé jusqu’à s’abstenir lors du vote des dirigeants du parti sur l’adoption de l’accord de nouvelle “grande coalition”.

D’autres courants au sein du bloc conservateur, qui défendent des différents intérêts - droits des femmes, politiques sociales, seniors -, constituent cependant de puissants soutiens pour Merkel.

* LA BRANCHE “JEUNESSE”

Jens Spahn, âgé de 37 ans, vice-ministre des Finances sortant, est considéré depuis un moment comme l’une des étoiles montantes de la CDU. Selon des rumeurs, il prétendrait depuis longtemps à la succession de Merkel.

“La chancelière devrait avoir le courage de nommer aussi comme ministres des personnes critiques à son égard”, a affirmé au journal Bild am Sonntag l’un des alliés de Spahn, Paul Ziemiak.

Le dirigeant des jeunes du bloc CDU-CSU a aussi incité Merkel à donner des responsabilités à la nouvelle génération de la classe politique.

Daniel Günther, âgé de 44 ans, ministre-président du Schleswig-Holstein qui a signé une victoire surprise aux élections régionales de septembre dernier, est plus libéral et plus populaire, mais est perçu comme une menace moins importante pour la succession.

* LES VIEUX RIVAUX

Friedrich Merz et Wolfgang Bosbach, qui ont rivalisé un temps avec Merkel pour la tête de leur parti, disposent de plus de libertés que la plupart des critiques de la chancelière, mais les deux sexagénaires ne peuvent représenter le renouvellement désiré par de nombreuses personnes. Il en va de même pour Roland Koch, âgé de 59 ans. Tous les trois sont vus comme beaucoup plus conservateurs que Merkel.

* LES SOCIAUX-DEMOCRATES

Malgré sa chute terrible dans les sondages - seulement 16,5% d’opinions favorables selon une récente enquête, soit à peine plus que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD)-, le SPD tient l’avenir de Merkel entre ses mains, alors que le nouvel accord de “grande coalition” sera soumis à l’approbation de ses 464.000 membres.

Si les plus radicaux écoutent leur coeur et votent “non”, de nouvelles élections ou de nouvelles négociations avec des partis moins importants pour une coalition tripartite ne sont pas à exclure.

Dans ces différentes hypothèses, cela pourrait coûter sa place à Merkel. (Avec Thomas Escritt, Jean Terzian pour le service français)

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