February 11, 2018 / 12:58 AM / 9 months ago

France-Le patron de M6 pour un audiovisuel public sans publicité

* Tavernost juge obsolètes les règles régissant l’audiovisuel

* Il dit avoir une idée “très précise” sur sa succession à M6

PARIS, 11 février (Reuters) - Le président de la chaîne de télévision privée M6, Nicolas de Tavernost, demande au gouvernement, dans une interview publiée par le Journal du Dimanche, de supprimer intégralement la publicité sur les chaînes publiques et de réformer profondément la loi de 1986 sur l’audiovisuel.

Le gouvernement prépare une réforme depuis longtemps attendue de l’audiovisuel public.

Pour Nicolas de Tavernost, “France Télévisions devrait se concentrer sur ses seules missions de service public, ce qui lui éviterait de réclamer en permanence un accroissement de ses ressources, notamment commerciales”.

“La suppression intégrale de la publicité sur les chaînes publiques (...) permettrait ainsi de mieux cerner le rôle de France Télévisions”, ajoute-t-il. “La question reste : quelle est la nature du service public ? En tout état de cause, ce n’est pas de chercher à imiter le secteur privé.”

Concernant la loi sur l’audiovisuel, il estime qu’un temps précieux a été perdu et que la France doit désormais, comme les autres grands pays industrialisés, intégrer les activités de production et de diffusion.

“Plus que jamais, pour les chaînes de télévision françaises, cette maîtrise des droits et des programmes est indispensable pour répondre à une concurrence chaque jour plus intense et internationale”, explique-t-il.

Or, il juge “obsolètes” les règles régissant en France les relations entre diffuseurs et producteurs, règles qui jettent selon lui ces derniers dans les bras de groupes internationaux et de fonds d’investissement.

Il juge tout aussi anachronique le fait que M6, TF1 et France 2 n’aient pas le droit, “à l’époque du streaming”, de diffuser des films le mercredi soir ou le samedi, et “absurdes” les règles régissant la publicité.

ACCORD AVEC ORANGE

Alors que TF1 et Orange sont engagés dans une guerre judiciaire après la décision du groupe de télévision de priver l’opérateur télécoms de ses programmes, M6 vient au contraire de signer un accord de distribution avec lui.

“Mais si nous avons signé avec Orange, Bouygues Telecom , SFR et CanalSat, nous n’avons pas encore trouvé d’accord avec Free”, précise le patron de M6.

“Quant aux montants financiers en cause, que nous négocions depuis près d’un an, je peux seulement dire que cela représente une augmentation significative par rapport à nos précédents accords”, ajoute Nicolas de Tavernost. “Cela nous permet notamment de pérenniser la chaîne Paris Première, pour laquelle nous ne demanderons pas de canal gratuit sur la TNT.”

Il se dit en revanche contre des accords de coproduction avec Netflix comme ceux conclus par TF1. “J’y suis défavorable, car la télévision gratuite a besoin d’exclusivités”, dit-il.

Il juge par ailleurs “déraisonnable” pour un groupe comme le sien d’envisager de répondre à des appels d’offres pour la diffusion d’événements sportifs comme les matches de la Ligue 1 de football, de la Ligue des champions ou de la Ligue Europa.

Entré à M6 il y a 31 ans, déjà reconduit deux fois à la tête du groupe, il dit vouloir jouer un rôle dans la désignation de son successeur et avoir “une idée très précise” sur la question. “Mais la question ne se posera qu’en 2020”, rappelle-t-il. (Emmanuel Jarry, édité par Danielle Rouquié)

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