February 5, 2018 / 2:53 PM / 4 months ago

3 QUESTIONS À-SG CIB-La baisse de Wall Street constitue un point de sortie

PARIS, 5 février (Reuters) - Le regain de volatilité sur les marchés lié à la remontée brutale des rendements obligataires n’est guère surprenant et alimente la prudence vis-à-vis des actions, notamment aux Etats-Unis, estime Roland Kaloyan, responsable de la stratégie actions européennes chez Société générale CIB.

1/ Faut-il craindre un retournement sur les marchés d’actions ?

Roland Kaloyan - “Nous avions déjà mis en avant le fait que le marché actions était très tendu en termes de valorisation, notamment aux Etats-Unis. L’enthousiasme a été fort ces deux derniers mois avec l’anticipation de beaucoup de bonnes nouvelles, ce qui fait que nous ne sommes pas surpris par le regain de volatilité. Pour l’heure, difficile de dire s’il s’agit d’une pause ou d’une correction. Aux Etats-Unis, il s’agit pour l’heure d’une simple respiration mais nous sommes prudents. Le cycle économique est très avancé et nous prévoyons un ralentissement sur la seconde partie de 2019 puis une récession en 2020. Si on a un horizon d’investissement à douze ou 18 mois, on estime que la baisse actuelle constitue plutôt un point de sortie que d’entrée sur le marché américain.”

2 / Qu’en est-il du marché d’actions européen ?

Roland Kaloyan - “En Europe, le cycle économique est décalé à cause de la crise en zone euro de 2012, qui a fait prendre beaucoup de retard par rapport aux Etats-Unis. Il existe un peu plus de potentiel dans quelques segments, notamment les valeurs européennes orientées vers la consommation domestique, qui permettent de jouer la demande accrue du consommateur en zone euro tout en se protégeant de la hausse de l’euro. Il faut aussi privilégier les valeurs avec des bilans sains car les sociétés très endettées pourraient souffrir, comme cela a déjà été le cas pour quelques dossiers fin 2017”.

3 / La hausse rapide des rendements obligataires marque-t-elle un changement de régime sur les marchés ?

Roland Kaloyan - “Nous étions auparavant dans un marché où les mauvaises nouvelles économiques étaient perçues positivement car elles laissaient présager d’une politique encore accommodante des banques centrales. Cela a changé depuis quelques semaines: on est revenu dans un marché plus classique, où les bonnes nouvelles sur le plan conjoncturel remettent en cause le scénario de base sur les politiques monétaires. Avec un rendement américain à 10 ans à 3%, cela commencerait à être intéressant de reprendre de l’obligataire en portefeuille au détriment des actions. La question est de savoir si l’on pense que le marché a déjà bien anticipé et si l’on garde ses objectifs, ou si l’on pense que l’on a raté des choses sur le marché et que l’on doit relever ses prévisions. De notre côté, nous maintenons nos perspectives d’un S&P 500 à 2.500 points en fin de d’année (contre 2.740 actuellement-ndlr). Cela devrait être un peu mieux en Europe avec un EuroStoxx 50 à 3.700 points et un CAC 40 à 5.500 points fin 2018. En terme de taux, notre objectif reste à 2,7% sur le dix ans américain et à 0,85% sur le dix ans allemand pour la fin d’année”.

Propos recueillis par Blandine Hénault, édité par Marc Angrand

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