February 5, 2018 / 3:13 PM / 9 months ago

RÉACTIONS au mouvement de baisse sur les marchés actions (actualisé)

(Actualisé avec commentaires d’Oxford Economics et OFI AM)

PARIS, 5 février (Reuters) - Principales réactions de professionnels des marchés au mouvement de vente accusé depuis la semaine dernière sur les actions, dans le sillage de la remontée des rendements obligataires, alimentée par la hausse des anticipations d’inflation et les craintes d’une accélération du resserrement monétaire des banques centrales:

* Franklin Pichard, directeur général Kiplink Finance - “Alors que les économistes réclament de l’inflation depuis plus de deux ans, quand celle-ci se profile, les marchés s’affolent. La hausse surprise des salaires aux Etats-Unis en janvier a provoqué une hausse des taux souverains et renforce le schéma d’un retour durable à l’inflation, alimenté par ailleurs par les cours des prix du pétrole.

“De surcroît, les politiques monétaires des banques centrales exacerbent la volatilité, à l’image de la Fed, dont le discours pouvait laisser supposer jeudi dernier qu’elle ne se contenterait pas de trois hausses des taux mais qu’elle pourrait peut-être bien en déclencher une quatrième.

“De plus, les incertitudes politiques s’invitent cette semaine avec de nombreuses négociations. En Allemagne pour trouver un accord de gouvernance, autour du Brexit pour fixer les termes de la période de transition, enfin aux Etats-unis où il ne reste que quelques jours pour éviter un shutdown. Il n’en fallait pas davantage pour assister à des prises de profits sur les actions à court terme et une poursuite de la rotation au sein des actions (+ value / - croissance). Mais nous restons positifs sur les actions dès lors que la hausse des taux est justifiée par l’amélioration de l’activité, la croissance économique globale et les bons résultats d’entreprises, ce qu’ont confirmé tous les indicateurs, la semaine dernière.”

* Kepler Cheuvreux - “Le monde obligataire commence à intégrer que nous sommes en train de sortir du paradis de 2017 d’une ‘croissance sans inflation’. Nous nous attendons à ce que les indices actions effacent leurs gains annuels avant de consolider, ce qui correspond à une baisse de 6% à 7% par rapport aux pics de janvier.”

* Jean-Marie Mercadal, directeur général délégué en charge des gestions d’OFI AM - “Cette correction intervient après un début d’année particulièrement positif à la faveur de flux d’investissement records.

“Les taux remontent pour de bonnes raisons (croissance, inflation, normalisation progressive des politiques monétaires) mais les mouvements de marchés sont trop rapides et créent des perturbations. Une poursuite de l’agitation actuelle et de la correction sont possibles et peuvent être violentes (flash krach). En revanche, nous pensons que ces phases devraient être mises à profit pour investir. La zone de 3% sur le T-Note devrait être difficile à franchir, de même que le niveau de 1,25 sur l’euro/dollar. Les conditions globales macro et micro-économiques restent positives.”

* Ben May, directeur “Global Macro” d’Oxford Economics - “Même si les marchés boursiers et obligataires mondiaux traversent une période de turbulences alimentée par les inquiétudes liées à l’accentuation de l’inflation et à un possible resserrement des politiques monétaires en réaction à celle-ci, nous sommes sceptiques quant à la possibilité qu’un renforcement des pressions inflationnistes externes constitue un risque important pour les économies avancées à ce stade.

“Nous continuons de penser que pour que les économies avancées connaissent une période durable d’inflation supérieure à l’objectif, il faudrait que la croissance des salaires décolle. Mais il y a peu de preuves d’augmentation du risque d’une croissance durablement soutenue des salaires.”

* Neil Wilson, ETX Capital - “De quel type de correction s’agit-il ? Jusqu’ici, le Dow Jones a baissé d’environ 5% par rapport à ses plus hauts historiques et cela semble raisonnable (une correction tardive pour beaucoup) tant qu’il n’y a pas de mouvement de vente important sur les changes. Le yen s’est en fait affaibli face au dollar la semaine dernière - si l’on devait assister à une correction majeure du sentiment de marché, on pourrait s’attendre à voir le yen gagner du terrain et non à en perdre. L’or s’est également éloigné de ses récents pics alors que le dollar a rebondi avec la hausse des rendements.

“Pour l’instant, il s’agit d’une tempête sur les marchés actions créée par la pression sur les obligations, mais qui reste très localisée. Il faudrait voir le Dow Jones passer sous 24.000 points pour qu’il s’agisse véritablement d’une correction.”

* Naeem Aslam, ThinkMarkets - “Il ne faut pas trop s’inquiéter car les profits des entreprises continuent de progresser et la probabilité d’une récession aux Etats-Unis est éloignée. Donc il pourrait s’agit d’un repli sain que les investisseurs attendaient depuis longtemps. Une correction de 10% pourrait intervenir car elle a tardé. En d’autres termes, la dynamique de long terme des marchés d’actions ne fait que s’atténuer alors que ces marchés défiaient la loi de l’apesanteur”.

* Witold Bahrke, stratège chez Nordea Asset Management - “Il va sans dire que si les rendements obligataires se maintiennent autour des niveaux actuels, les investisseurs en actions peuvent continuer à se tourner vers les classes d’actifs dites risquées. Cependant, la corrélation négative historique entre le prix des obligations et leur rendement pourrait rapidement devenir plus marquée, avec une hausse des rendements réels qui freinerait l’appétit pour le risque. En d’autres termes, une nouvelle hausse des taux obligataires risquerait d’interrompre la progression des actions.

“Une hausse des rendements conjuguée à une croissance plus forte devrait aller de pair avec une hausse des actions. Toutefois, si les taux obligataires surpassaient significativement les taux de croissance, par exemple en cas de hausse marquée de l’inflation, il serait alors nécessaire de faire preuve de prudence sur les marchés actions. Dans ce cas de figure, la hausse des rendements obligataires deviendrait rapidement problématique pour les actifs risqués. Actuellement, nous observons une hausse des taux obligataires, mais aussi des révisions à la hausse des estimations de croissance, ce qui rend les investisseurs en actions plutôt confiants. Tant que les indicateurs de croissance soutiennent l’optimisme économique, il est peu probable que les actions soient impactées.”

* Mirabaud Securities - “Il faut raison garder après la consolidation des indices de la semaine passée. Situation de sur-achat, aplatissement anormal de la courbe des taux américain, phase d’adaptation du consensus concernant l’inflation: il n’y a pas lieu aujourd’hui de crier à la fin de la hausse des indices. “Nous estimons que les indices (autant fondamentalement que techniquement) peuvent consolider au maximum de 2% à 4% (aux Etats-Unis et en Europe) et constituer une opportunité d’achat lorsque la fameuse phase d’adaptation sera terminée. Ce d’autant plus que l’euphorie du sentiment des investisseurs (on songe notamment à l’indicateur contrariant Bull/Bear) devrait s’inverser ces prochains jours.”

VOIR AUSSI :

* 3 QUESTIONS À-SG CIB - La baisse de Wall Street constitue un point de sortie

* 3 QUESTIONS À-Cholet Dupont - Pas encore de signaux pour une baisse prolongée des actions

* ANALYSE-Les taux ont gâché la fête à Wall Street

* Gestion-Les flux donnent un signal de vente clair-BAML (Service Marchés)

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