January 30, 2018 / 10:22 AM / 8 months ago

GRAPHES-Les marchés, Draghi et l'euro: "Pile je gagne, face tu perds"?

* Un seul chemin pour l’euro: la hausse - TS Lombard

* L’euro devrait rester ferme dans une zone de $1,25-1,30 - Amundi

* Le dollar appelé à rebondir au 1er semestre - BofA Merrill Lynch

PARIS, 29 janvier (Reuters) - L’évolution de l’euro en réaction aux déclarations du président de la Banque centrale européenne (BCE) et des autorités américaines la semaine dernière a souligné le dilemme insoluble auquel est confronté Mario Draghi et le risque de voir la devise européenne continuer à s’apprécier.

En effet, soit les responsables monétaires européens maintiennent une politique accommodante en arguant de la faiblesse des pressions inflationniste, mais ils risquent alors de transformer la solide reprise de l’économie de la zone euro en surchauffe, ce qui soutiendra encore plus l’euro, prévient Shweta Singh, économiste de TS Lombard.

Soit la BCE cède aux appels des orthodoxes et précipite le calendrier de sa normalisation monétaire, ce qui soutiendra l’euro, poursuit-il.

“Dans tous les cas, le marché réalise le caractère insoluble de ce dilemme” et la seule orientation pour l’euro semble être à la hausse, d’autant que l’évolution du taux de change effectif réel de l’euro peine à refléter celle de l’excédent des comptes courants de la zone euro, relève-t-elle.

L’euro est sur une tendance haussière très solide vis-à-vis du dollar et il pourrait rester ferme dans une zone de 1,25-1,30, en particulier si le mouvement d’affaiblissement plus large du dollar se poursuit”, estiment Andrea Brasili et Eric Brard, respectivement économiste et responsable de l’obligataire chez Amundi.

LE DOLLAR PROFITERA DES RAPATRIEMENT DE FONDS AUX ETATS-UNIS

Pour les analystes de Bank of America Merrill Lynch, l’euro a toutefois engrangé l’essentiel du potentiel de hausse lié à la réappréciation de la politique monétaire de la BCE.

“Le dollar bénéficie généralement de ‘l’effet précurseur’ car la Fed est habituellement en avance dans le cycle de resserrement monétaire par rapport aux autres grandes banques centrales”, rappellent-ils.

Ce facteur a constitué le principal moteur de l’appréciation du dollar en 2014-2015.

D’autres banques centrales du G10 ayant emboîté le pas de la Fed depuis, le dollar s’est affaibli en dépit de la poursuite du resserrement monétaire aux Etats-Unis.

“Cela reflète un profond changement des anticipations de taux d’intérêt hors des Etats-Unis”, notent les analystes de BofA Merrill Lynch.

Dans le cas particulier de l’euro, les écarts de taux à terme expliquent la hausse soutenue du taux de change vis-à-vis du dollar depuis le début 2017, même si le potentiel haussier apparaît désormais limité, ajoutent-ils.

Pour eux, le dollar est appelé à rebondir au premier semestre 2018 avec le rapatriement d’avoirs à l’étranger par les entreprises américaines, favorisé par la réforme fiscale et une possible sous-estimation par le marché des hausses de taux à venir de la Fed.

“Si la normalisation des politiques monétaires hors des Etats-Unis pèsera sur le dollar à long terme, la BCE pourrait aussi vouloir entraver la hausse de l’euro”, estiment-ils.

Sources :

*ECB eyes on the euro. Investment Talks. Amundi. 26 janvier 2018.

*Draghi’s insoluble dilemma. Daily Note. TS Lombard. 26 janvier 2018.

*Deciphering the EURUSD puzzle. Global FX Weekly. Bank of America Merrill Lynch. 19 janvier 2018.

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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