January 24, 2018 / 10:47 AM / in 7 months

Lafarge en Syrie-Un collectif français saisit un comité de l'Onu

PARIS, 24 janvier (Reuters) - Un collectif de défense des chrétiens d’Orient, la CHREDO, a annoncé mercredi qu’il avait décidé de saisir un comité de l’Onu sur l’attitude du gouvernement français concernant la poursuite des activités du cimentier Lafarge en Syrie dans une zone contrôlée par l’Etat islamique (EI) en 2013-2014.

La Coordination des Chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) est la troisième association à avoir porté plainte “contre Lafarge et autres” avec constitution de partie civile, après Sherpa et European center for constitutional and human rights (ECCHR).

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour financement d’entreprise terroriste et mise en danger de la vie d’autrui. Six anciens dirigeants de Lafarge, dont son ex-PDG Bruno Lafarge, ont été mis en examen dans ce dossier.

L’enquête porte sur les conditions dans lesquelles le groupe français, absorbé en 2015 par le Suisse Holcim pour former le géant LafargeHolcim, a maintenu en activité en 2013-2014 sa cimenterie de Jalabiya.

Selon un communiqué de la CHREDO, son président fondateur, Patrick Karam a rencontré l’un des juges d’instruction chargés de cette affaire, la juge Charlotte Bilger.

Il souhaite que soit vérifié si le gouvernement français a respecté ses obligations découlant de la résolution 2253 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette résolution fait obligation aux Etats de communiquer à un comité ad hoc de l’ONU les noms de personnes, groupes et entreprises ayant concouru à financer ou soutenir les activités de l’EI, d’Al Qaïda et d’autres entités assimilées.

“L’information judiciaire en cours a permis de démontrer que le gouvernement français n’a délibérément pas jugé utile de transmettre le nom du groupe Lafarge ou de ses dirigeants au Comité”, lit-on dans le communiqué de la CHREDO.

Or, selon l’association, une note diplomatique de septembre 2014 adressée aux ministères des Affaires étrangères et du Budget “faisait clairement état de la volonté de ce groupe de préserver ses intérêts économiques en trouvant des compromis équilibrés avec les acteurs de terrain, dont les organisations terroristes”.

Patrick Karam “a exprimé au juge d’instruction sa volonté que la procédure judiciaire en cours fasse toute la lumière sur les complicités actives ou passives du gouvernement français (...) tendant à couvrir les agissements du groupe Lafarge”, ajoute le communiqué.

En conséquence, la CHREDO a décidé de saisir le Comité désigné par la résolution 2253 du Conseil de Sécurité afin d’obtenir “sa position sur l’attitude du gouvernement français” et de déterminer toutes les responsabilités, conclut-il. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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