January 23, 2018 / 12:06 PM / 7 months ago

GESTION 2018-Carmignac prévoit une pause dans le "conte de fées" des marchés

* La croissance américaine pourrait décevoir

* La hausse de l’euro va se poursuivre

* Croissance forte et dette faible, critères clés pour les action

PARIS, 23 janvier (Reuters) - Le contexte actuel de croissance forte et d’inflation faible à l’échelle mondiale ne peut pas durer et son évolution va favoriser la remontée de la volatilité, estime Carmignac, qui table notamment sur une accélération de la hausse des prix et une remontée des rendements obligataires dans les mois à venir.

La société de gestion d’actifs (56 milliards d’euros sous gestion fin 2017) n’exclut pas, entre autres, des déceptions en matière de croissance aux Etats-Unis, malgré la réforme fiscale.

Or “si la croissance aux Etats-Unis est de 2% ou un peu moins, la croissance mondiale n’atteindra pas 4%”, a souligné Frédéric Leroux, le responsable de l’équipe “cross asset”, en référence à la prévision de croissance du Fonds monétaire international (FMI), que ce dernier a relevée lundi.

L’investissement des entreprises tend à ralentir et risque donc de décevoir, a-t-il détaillé, tandis que la consommation des ménages pourrait souffrir d’une remontée du taux d’épargne; quant à la réforme fiscale de l’administration Trump, son impact devrait être limité.

Parallèlement, a-t-il ajouté, l’inflation aux Etats-Unis devrait remonter pour atteindre 2,5% au moins d’ici juillet contre 1,7% environ aujourd’hui.

“Cela pourrait sembler un peu rapide à certains investisseurs, et la volatilité devrait être de retour dans le courant de 2018”, a-t-il ajouté.

En zone euro, Frédéric Leroux note que la contribution de la consommation et de l’investissement à l’expansion du PIB réel recule depuis maintenant cinq trimestres, ce qui accroît la dépendance de la région à la croissance mondiale. Or “l’euro s’est fortement apprécié et pourrait continuer de le faire, au point que cela pourrait devenir un important handicap” pour les exportateurs européens.

Autre facteur clé pour 2018, la normalisation des politiques monétaires des grandes banques centrales ne sera quant à elle pas forcément un handicap pour les actions, estime Carmignac, en rappelant que la corrélation entre taux d’intérêt et cours des sociétés cotées n’est négative que lorsque le rendement à dix ans américain atteint 4%.

Ce contexte devrait notamment favoriser les entreprises conjuguant forte croissance et endettement faible, estime David Older, le responsable de l’équipe Actions; deux caractéristiques qui se retrouvent notamment dans le secteur des hautes technologies qui, “en dépit de ses performances boursières des deux dernières années, reste bon marché”.

PRIORITÉ AUX VALEURS DE CROISSANCE PEU ENDETTÉES

David Older met entre autres en avant le géant néerlandais de la gravure de semi-conducteurs ASML mais aussi le chinois HIK Vision, un spécialiste de la vidéo et de la robotique, ou encore le secteur du jeu vidéo.

Carmignac mise aussi sur l’essor du secteur bancaire de pays émergents comme l’Inde (HDFC ou IndusInd) ou l’Argentine (Galicia) et sur le rebond du secteur américain du pétrole de schiste, appelé à bénéficier d’une dynamique plus favorable de l’offre mondiale.

Interrogé sur l’expérience malheureuse de l’investissement dans Altice, dont Carmignac a été l’un des principaux actionnaires, David Older a parlé d’”erreur” et de “déception”, reconnaissant que le ralentissement de la croissance du groupe en France à l’origine de l’avertissement sur résultats de novembre avait été “une grosse surprise”.

“Nous avons soldé cette position fin 2017”, a-t-il simplement confirmé, précisant que l’impact du dossier sur la performance 2017 de Carmignac Patrimoine, principal fonds du groupe avec plus de 22 milliards d’euros, avait été négatif de près de 140 points de base sur le seul portefeuille actions du fonds.

L’exposition de Carmignac à Altice, actions et dette confondues, approchait 850 millions d’euros fin septembre.

Côté obligations, Rose Ouahba, responsable de l’équipe Taux, souligne que “les investisseurs vont devoir digérer une augmentation du risque” avec le désengagement progressif des banques centrales.

Le “retour à la réalité” attendu des rendements allemands, qui vont combler en partie l’écart qui les sépare des taux de croissance, devrait aussi favoriser un mouvement “puissant” de convergence des rendements dans la zone euro, au profit bien sûr des pays dits périphériques, dont l’Espagne et l’Italie.

Carmignac Patrimoine reste parallèlement long sur l’euro, dont l’appréciation devrait se poursuivre, et sélectif sur la dette émergente, en citant en exemple le Mexique.

Marc Angrand, édité par Blandine Hénault

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