January 22, 2018 / 12:39 PM / a year ago

Allemagne-Le SPD veut renégocier l'accord provisoire avec la CDU/CSU

par Holger Hansen et Madeline Chambers

BERLIN, 22 janvier (Reuters) - Les sociaux-démocrates allemands, dont le congrès a approuvé l’ouverture de négociations formelles avec les conservateurs sur la formation d’une coalition gouvernementale, entendent rediscuter les principaux points de l’accord préparatoire conclu le 12 janvier, a annoncé lundi leur numéro un, Martin Schulz.

Il a précisé qu’il allait rencontrer dans la soirée la chancelière CDU Angela Merkel et le dirigeant de l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, Horst Seehofer.

Les délégués du Parti social-démocrate (SPD) réunis en congrès dimanche à Bonn ont donné leur feu vert aux négociations par 362 voix pour, 279 voix contre, et une seule abstention.

En cas d’accord avec les conservateurs à l’issue de ces négociations, la direction du SPD s’est engagée à consulter sa base, les 443.000 membres inscrits du parti.

Le vote du congrès du SPD était suivi de près par tous les dirigeants européens, qui espèrent voir l’Allemagne sortir de la période d’incertitude politique dans laquelle le pays est plongé depuis les élections législatives du 24 septembre.

L’ouverture de négociations a été approuvée par 56% des délégués, une marge assez étroite qui illustre le scepticisme d’une bonne partie des sociaux-démocrates.

“Je pense que les conservateurs ont compris qu’il fallait convaincre le SPD”, a déclaré le secrétaire général du SPD, Lars Klingbeil.

Les sociaux-démocrates veulent notamment renégocier l’accord provisoire sur des sujets comme l’immigration et la politique d’assurance-santé, où la direction est parfois accusée d’avoir fait trop de concessions au bloc CDU-CSU.

Dans un tweet dimanche soir, Martin Schulz a promis de se battre pour améliorer l’accord provisoire du 12 janvier, afin de répondre aux inquiétudes de tous ceux qui ont voté contre les négociations.

LE SPD DIVISÉ

Mais Volker Bouffier, député de l’Union chrétienne-démocrate, a exclu toute modification importante de l’accord provisoire.

“Les négociations sur la coalition doivent commencer rapidement. Les résultats des discussions exploratoires sont toujours valides. Les points essentiels ne peuvent pas être remis en cause”, a-t-il dit au quotidien Bild.

Angela Merkel a clairement fait savoir que le document de travail signé le 12 janvier devait être la base des négociations, même si elle a reconnu que certains points restaient à préciser dans le détail, “ce qui nécessitera d’intenses discussions”, a-t-elle dit.

“Les négociations sur la coalition seront aussi difficiles que les discussions exploratoires”, a estimé quant à lui Martin Schulz.

Les négociations entre SPD, CDU (Union chrétienne-démocrate) et son alliée bavaroise la CSU (Union chrétienne-sociale) devraient débuter cette semaine, peut-être dès mardi. Pour l’heure, le calendrier n’a pas encore été arrêté.

Les trois formations ont déjà gouverné ensemble, sous la direction d’Angela Merkel, de 2005 à 2009 et de 2013 à 2017.

Martin Schulz est confronté à une vive opposition venue aussi bien de l’aile gauche du parti que de ses jeunes militants, les “Jusos”, qui estiment que le parti doit rester dans l’opposition pour se réinventer après avoir subi en septembre son plus mauvais résultat électoral de l’après-guerre (20,5% des voix). (Avec Michelle Martin et Joseph Nasr; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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