January 18, 2018 / 9:30 AM / 4 months ago

L'Etat défendra ses intérêts avec Vinci sur Notre-Dame-des-Landes

PARIS, 18 janvier (Reuters) - L’Etat français défendra ses intérêts dans les négociations avec Vinci, à la suite de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avec la volonté d’épargner au maximum le contribuable, ont déclaré jeudi des membres du gouvernement.

Le groupe de BTP et concessions, gestionnaire de l’aéroport de Nantes et ex-concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes, s’est dit mercredi à la disposition de l’Etat à l’annonce de l’abandon du projet.

Vinci avait signé fin 2010 un contrat de 55 ans couvrant l’exploitation des aéroports existants (Nantes Atlantique et Saint-Nazaire Montoir), la construction du nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes et le transfert vers celui-ci de la plateforme Nantes Atlantique. L’ensemble du contrat va maintenant être renégocié.

“La ministre des Transports va rencontrer très rapidement” le PDG de Vinci, Xavier Huillard, a dit le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur France Inter.

Ces discussions, a précisé Elisabeth Borne sur franceinfo, “elles vont être menées en respectant le droit, en défendant les intérêts de l’Etat, et je suis confiante sur le fait qu’on trouvera une bonne solution pour l’Etat.”

“On va discuter avec Vinci des bonnes clauses à appliquer et de la meilleure façon d’avancer sur ce projet.”

Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche, a évoqué sur Europe 1 l’hypothèse d’une rupture du contrat pour “causes exceptionnelles”.

“On peut considérer que nous sommes dans ces causes-là”, a-t-il dit.

“CIRCONSTANCE EXCEPTIONNELLE”

A la question de savoir quelles pourraient être ces causes, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement a répondu : “Le fait que ce projet, qui a été lancé à un moment donné, n’est plus d’actualité peut être une circonstance exceptionnelle, le fait que vous avez des changements de pratiques aéroportuaire et aérienne, ça peut être un élément.”

“Comme il s’agit d’argent public, on va tout faire pour effectivement que l’indemnisation corresponde aux engagements financiers de Vinci, et c’est légitime, mais que ça coûte le moins cher au contribuable”, a poursuivi Christophe Castaner.

L’un des trois médiateurs nommés par le gouvernement sur le sujet estimait fin décembre dans Le Monde que le concessionnaire pourrait être indemnisé jusqu’à 350 millions d’euros.

Benjamin Griveaux a déclaré que ce chiffre était “erroné”.

Christophe Castaner s’est dit “intimement convaincu” que la potentielle compensation serait moindre que ce montant.

Interrogé par Reuters, un porte-parole de Vinci s’est refusé jeudi à tout commentaire sur l’évocation de “causes exceptionnelles” et sur le montant des indemnités possibles pour le groupe.

“Nous répétons ce que nous avons dit hier, Vinci se tient à la disposition de l’Etat”, a-t-il dit, ajoutant que tout autre commentaire était “prématuré”. (Sophie Louet avec Dominique Vidalon, édité par Yves Clarisse)

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