January 15, 2018 / 3:01 PM / 9 months ago

GRAPHES-La BNS aussi pourrait dégonfler son bilan et faire monter les rendements

* La BNS a acheté €45 mds d’obligations allemandes en 3 ans-analyste

* La baisse du franc face à l’euro réduit la pression sur la BNS

* Un arrêt de ses achats pourrait contribuer à la montée des rendements

par Dhara Ranasinghe

LONDRES, 15 janvier (Reuters) - Le franc suisse est au plus bas contre l’euro depuis l’abandon surprise par la Banque nationale suisse de son taux plancher à 1,20 franc suisse il y a trois ans jour pour jour et la Banque nationale suisse (BNS) pourrait en conséquence normaliser son bilan, à l’instar de la BCE, au risque de contribuer, elle aussi, à la remontée des taux longs dans la zone euro.

L’euro en franc suisse a fêté le troisième anniversaire de l’abandon du taux plancher de 1,20 franc suisse pour un euro par la BNS, le 15 janvier 2015, en inscrivant un plus haut depuis cette date à 1,1819.

Les craintes sur l’avenir de l’euro et l’appréciation du franc suisse qui en avait résulté avaient contraint la BNS a défendre, par des interventions sur le marché des change, un taux plancher de 1,20 franc suisse pour un euro auquel elle avait dû renoncer.

La banque centrale avait ensuite tenté de freiner l’appréciation du franc, toujours à la faveur d’interventions sur le marché des changes qui ont entraîné un gonflement de son bilan, en raison notamment d’un regain d’inquiétudes sur l’avenir de l’euro lors de la campagne pour l’élection présidentielle française.

Le relâchement de la pression haussière sur le franc suisse après l’élection d’Emmanuel Macron et la dissipation des craintes sur l’avenir de l’euro ont permis à la BNS de réduire ses interventions tandis que le franc suisse s’affaiblissait contre l’euro.

La banque centrale suisse aurait toutefois acheté l’équivalent d’environ 45 milliards d’euros en titres de dette publique allemande depuis le début 2015, selon les estimations de Vincent Deluard, stratégiste macro chez le courtier INTL FCStone.

Sur la base des rapports annuels de la BNS, il estime que près d’un cinquième de l’accroissement de son bilan correspond à des achats de titres de dette publique à court terme émis par Berlin.

L’affaiblissement du franc suisse a réduit le besoin d’intervention sur le marché des changes, d’autant que l’économie suisse s’est adaptée à l’appréciation de la monnaie, le gouvernement ayant même relevé récemment ses prévisions de croissance pour 2017 et 2018.

Une pause voire un débouclement des achats de titres de dette publique allemande par la BNS pourrait accentuer la pression à hausse sur les rendements du Bund à un moment où les spéculations vont bon train sur la possibilité d’un arrêt plus rapide que prévu du programme d’achats d’actifs de la BCE, dont le montant mensuel a déjà été divisé par deux le 1er janvier.

“Regardez les niveaux du franc suisse aujourd’hui, ils sont pratiquement revenus à ceux qui prévalaient avant l’abandon du plancher; les interventions sur le marché des changes semblent donc avoir perdu leur justification”, a dit Vincent Deluard.

Une bonne partie des achats de la BCE se sont concentrés sur la dette publique allemande, dont les rendements à deux ans ont déjà repris 20 points de base depuis la mi-décembre, remontant de -0,75% à -0,55%.

“Des interventions massives sur le marché des changes ne sont plus nécessaires pour contenir l’envolée du franc suisse: la devise a cédé environ 10% contre l’euro depuis avril” et le premier tour de l’élection présidentielle française, a dit Vincent Deluard.

“La quasi-totalité de la hausse qui avait suivi l’abandon surprise du taux plancher est effacée, la BNS peut se déclarer victorieuse et se concentrer sur la normalisation de son énorme bilan.”

Nadia Gharbi, économiste chez Pictet Wealth Management, souligne de son côté que l’évolution des dépôts à vue auprès de la BNS, un bon indicateur de l’ampleur de ses interventions sur le marché des changes, suggère que la banque centrale n’est plus à la manoeuvre depuis juillet dernier.

La BNS a déclaré le mois dernier qu’elle s’attendait à ce que l’inflation dépasse son objectif d’ici trois ans et les intervenants de marché y ont vu une indication du calendrier de la sortie de sa politique monétaire ultra-accommodante.

avec Robert Howard, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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