January 10, 2018 / 5:23 PM / 10 months ago

LEAD 1-La Chine envisagerait de réduire ses achats de bons du Trésor US

* Une baisse des achats de Treasuries évoquée à Pékin selon Bloomberg

* La Chine est le premier créancier des Etats-Unis

* Elle dispose toutefois de peu d’alternatives, estiment des économistes

* Le rendement à dix ans américain au plus haut depuis 10 mois (Actualisé avec commentaires, réactions des marchés, commentaires)

par Dhara Ranasinghe et David Lawder

LONDRES/WASHINGTON, 10 janvier (Reuters) - Des responsables chinois chargés de la supervision des réserves de change du pays ont recommandé de ralentir ou de suspendre les achats d’emprunts d’Etat américains, a rapporté mercredi Bloomberg en citant des sources au fait du dossier.

La nouvelle a provoqué une nette hausse des rendements des Treasuries et fait baisser le dollar. Mais certains économistes estiment que Pékin aurait du mal à modifier considérablement la composition de ses réserves de changes, qui sont le principal outil de gestion de l’évolution du yuan.

La Chine dispose des plus importantes réserves de devises du monde, d’un montant total d’environ 3.000 milliards de dollars (2.500 milliards d’euros) et elle est aussi le premier créancier des Etats-Unis puisqu’elle détenait en octobre pour 1.190 milliards de dollars de bons du Trésor selon les statistiques de Washington.

L’article de Bloomberg, qui ne précise pas le niveau de responsabilité de ses sources, explique que pour les responsables chinois interrogés, le marché des obligations d’Etat américaines est en train de perdre de son intérêt par rapport à d’autres catégories d’actifs.

Les sources ont aussi évoqué les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine comme un motif possible de diminution des achats de Treasuries, ajoute l’article.

David Malpass, secrétaire adjoint au Trésor américain, qui s’exprimait devant des journalistes à Bruxelles, s’est voulu rassurant sur la demande chinoise de Treasuries.

“Le Trésor américain dispose d’un marché large, solide dans le monde entier et nous sommes donc confiants dans le fait qu’avec le renforcement de l’économie, il restera un marché large et solide”, a-t-il dit en réponse à une question sur les informations de Bloomberg.

UNE MENACE POSSIBLE EN CAS DE TENSIONS COMMERCIALES

L’Administration des changes chinoise n’a pas répondu à une demande de commentaire sur ces informations. La Banque populaire de Chine, la banque centrale de la République populaire, n’a pas pu être jointe, l’article de Bloomberg ayant été publié après l’heure de fermeture des bureaux en Chine.

Sur les marchés, les rendements ont amplifié leur hausse en réaction à ces informations: le rendement à dix ans américain a atteint son plus haut niveau depuis dix mois à 2,597%. Parallèlement, le dollar est tombé à un plus bas de six semaines face au yen et Wall Street évoluait dans le rouge en matinée.

Certains économistes rappellent que la Chine a déjà ralenti ses achats de Treasuries et qu’elle pourrait difficilement accentuer ce mouvement sans nuire à ses propres intérêts étant donné ses besoins d’actifs stables et liquides en dollar.

“Il n’y a pas tant d’endroits que cela où on peut placer cet argent”, estime ainsi Paul Ashworth, économiste de Capital Economics à Toronto.

Il a toutefois ajouté qu’une modification de la composition des réserves de change pourrait constituer un avertissement à l’adresse des Etats-Unis dans le cas où l’administration Trump s’engagerait sur la voie d’une confrontation commerciale avec Pékin.

Washington pourrait annoncer dans les semaines à venir de nouvelles hausses de droits de douane sur des produits chinois, dans la sidérurgie et l’aluminium entre autres, ainsi que des sanctions à l’issue d’une enquête sur les pratiques chinoises en matière de propriété intellectuelle.

Avant même les informations sur la Chine, le contexte de marché était déjà défavorable aux emprunts d’Etat après l’annonce mardi par la Banque du Japon (BoJ) d’une réduction de ses achats de titres, qui a ravivé les spéculations sur une possible diminution du soutien monétaire japonais cette année.

avec Tommy Wilkes, Saikat Chatterjee et Ritvik Carvalho à Londres, Karen Brettell à New York, Jason Lange et David Chance à Washington, Jan Strupczewski à Bruxelles; Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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