January 5, 2018 / 4:54 PM / 5 months ago

LEAD 1-France-Ultimes négociations sur Notre-Dame-des-Landes à Matignon

* Des élus de l’Ouest défilent chez Edouard Philippe

* L’aménagement de l’actuel aéroport de Nantes envisagé

* Inquiétude sur l’évacuation de la “Zad” (Actualisé avec Hulot à Matignon)

PARIS, 5 janvier (Reuters) - Le gouvernement a entamé vendredi d’ultimes consultations avec les élus de l’Ouest sur le délicat dossier de la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), sur lequel Emmanuel Macron se prononcera d’ici la fin du mois.

“Je n’ai aucune idée de la décision qui va être prise. Ce serait un comble qu’avant la consultation, une décision soit prise”, a déclaré à la presse à Matignon le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot.

L’exécutif “n’a pas encore pris sa décision”, avait-on également assuré jeudi soir dans l’entourage du chef de l’Etat à propos de cet épineux sujet, objet de décennies de controverses entre partisans de l’ouvrage et opposants, dont plusieurs centaines sont installés sur le site de plus de 3.000 hectares.

L’une des hypothèses désormais envisagées consiste à rénover l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique plutôt que construire un nouvel ouvrage, en plus d’évacuer le site occupé par les opposants, décrite par ses détracteurs comme une “zone de guerre” où l’Etat de droit n’est pas respecté.

Quel que soit le choix final, il sera “difficile”, a prévenu Edouard Philippe mercredi sur France 2, évoquant notamment la “composante d’ordre public” représentée par l’évacuation de la zone à défendre (Zad) occupée par 200 à 300 “zadistes”.

Sénateurs et députés de Loire-Atlantique ainsi que maires et présidents d’intercommunalités concernés étaient reçus vendredi à Matignon par Edouard Philippe, Nicolas Hulot et sa consoeur des Transports, Elisabeth Borne. D’autres consultations sont prévues la semaine prochaine, jusqu’au 12 janvier.

Défendu par la plupart des élus locaux, l’idée d’un nouvel aéroport a été validée par de multiples décisions de justice et un référendum local.

“DANS TOUS LES CAS, ÇA COÛTE UN BRAS”

Selon Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique opposé au projet, Edouard Philippe s’est gardé de toute confidence lors de la réunion avec les élus vendredi matin.

“Le Premier ministre ne veut surtout pas que cette phase de concertation soit perturbée par le fait qu’on aurait déjà sa position, il faut le comprendre”, a-t-il déclaré sur RTL à sa sortie de Matignon.

Il s’est dit “optimiste” quant à un aménagement de Nantes-Atlantique. “Cela coûte 350 millions d’euros de moins pour le même service”, a-t-il ajouté en référence au rapport d’experts remis à la mi-décembre au Premier ministre.

Selon le syndicat mixte aéroportuaire, l’actuel aéroport de Nantes a franchi en novembre le cap des cinq millions de passagers “avec dix ans d’avance” sur les prévisions du plan d’affaires de la concession signée en décembre 2010 avec Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci.

S’il renonce au projet, l’Etat devra verser un important dédommagement à Vinci.

“La somme sera bien sûr négociée”, confiait récemment à Reuters un membre du gouvernement. “Dans tous les cas, ça coûte un bras. On paie l’absence de courage des précédents gouvernements”.

L’évacuation par la force de la Zad préoccupe les autorités, qui craignent des violences malgré l’intention de “régler le problème de la manière la plus pacifique possible” affichée par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro publié jeudi, 56% des 1.006 personnes interrogées sont favorables à l’emploi de la force si nécessaire pour déloger les “zadistes”, alors que 43% y sont opposés.

Ronan Dantec s’est déclaré confiant quant à un retour à l’état de droit dans la Zad, où des agriculteurs ont été expropriés. “Il faut se laisser du temps, peut-être nommer un médiateur. Il y a peut-être des zones à garder pour leur biodiversité exceptionnelle et avoir une cartographie de sortie de crise”, a-t-il dit à la presse à Matignon.

Mais pour Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains du Sénat et élu de l’Ouest, le gouvernement ne saurait “capituler devant les ultra-violents”.

“Est-ce qu’aujourd’hui en France le chantage à la violence peut payer ?”, s’interrogeait-il récemment devant la presse parlementaire. (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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