December 14, 2017 / 5:06 PM / 5 months ago

France-La Banque de France plus optimiste pour la croissance

* La France restera à la traîne de la zone euro

* La BDF juge les finances publiques toujours fragiles

* Le rebond de l’inflation très graduel

PARIS, 14 décembre (Reuters) - La Banque de France a relevé jeudi ses prévisions pour l’économie française, estimant notamment que le commerce extérieur ne devrait plus la freiner, et n’exclut pas qu’elle fasse encore mieux si les réformes du gouvernement permettent d’augmenter son potentiel de croissance à l’horizon 2019.

La banque centrale voit ainsi la croissance atteindre 1,8% cette année puis quasiment se stabiliser en s’affichant à 1,7% en 2018 et 1,8% en 2019.

Dans ses précédentes prévisions publiées en juin, elle tablait sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) limitée à 1,4% cette année, puis 1,6% en 2018 comme en 2019.

L’accélération constatée depuis l’a conduite à relever dès septembre sa projection pour 2017 à 1,6%. Avec maintenant 1,8%, elle se cale sur les dernières prévisions de l’Insee comme de l’OCDE, alors que le gouvernement a décidé de s’en tenir à 1,7%.

Elle est en ligne avec celle de l’exécutif s’agissant de sa prévision 2018 et se situe pour 2019 légèrement au-dessus des institutions internationales, dont les attentes sont comprises entre 1,6% et 1,7%.

Par rapport à la période actuelle, la Banque de France anticipe un net regain de vigueur des exportations à la faveur de la hausse soutenue de la demande étrangère.

“Cette croissance est plus équilibrée qu’auparavant : au sein de la demande intérieure, l’investissement - notamment des entreprises - prend le relais de la consommation ; et la composante extérieure devrait peser moins négativement”, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dans une interview à paraître vendredi dans Les Echos.

La Banque de France voit dans le même temps le taux de chômage passer sous 9%, à 8,8%, à l’horizon 2020.

Mais malgré cette embellie, l’économie française resterait à la traîne de la zone euro, pour laquelle la Banque centrale européenne a sensiblement relevé jeudi ses prévisions de croissance, à 2,4% pour 2017, 2,3% pour 2018 et 1,9% pour 2019.

DES FINANCES PUBLIQUES TOUJOURS FRAGILES

Pour la banque centrale, l’économie française pourrait toutefois progresser à un rythme supérieur à ces dernières prévisions si les réformes mises en oeuvre pour le gouvernement “se traduisent par un accroissement de la croissance potentielle” à l’horizon 2019.

Après la réforme du Code du travail, qui “va dans le bon sens”, François Villeroy de Galhau insiste sur la nécessité de mener à bien celle de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Une croissance française plus forte serait aussi bénéfique pour les finances publiques, qui restent fragiles aux yeux de la banque. Elle table ainsi sur un déficit public à 2,9% du PIB cette année comme l’an prochain, juste sous la marque de 3% comme Paris s’y est engagé vis-à-vis de ses partenaires européens, ce qui nécessitera “un pilotage renforcé des dépenses”.

Sur ce point, le gouverneur estime que la rupture initiée par le gouvernement “n’est pas encore suffisante”.

La Banque de France voit ensuite le déficit remonter à 3,6% du PIB en 2019 avec la transformation du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges, une mesure qui aura un impact budgétaire ponctuel de près d’un point de PIB mais qui sera par la suite neutre pour les finances publiques.

Elle ne change rien à ses prévisions d’inflation pour cette année, qu’elle voit accélérer à 1,2% après 0,3% en 2016.

Et si elle revoit en hausse de 0,2 point, à 1,4%, sa prévision pour 2018, c’est essentiellement en raison de l’augmentation programmée de la fiscalité sur le tabac et les carburants.

La trajectoire sous-jacente des prix (hors énergie et alimentation) continuerait de se redresser mais à un rythme très lent (0,6% en 2017, 0,8% en 2018, 0,9% en 2019), l’objectif d’une inflation “inférieure à mais proche de” 2% visé par la BCE restant une perspective éloignée pour ce qui est de la France. (Yann Le Guernigou, édité par Myriam Rivet)

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