December 12, 2017 / 3:13 PM / a year ago

GESTION 2018-Le débat sur le taux de dépôt de la BCE inéluctable-JPMorgan AM

PARIS, 12 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) pourrait ouvrir dès l’an prochain le débat sur l’opportunité d’une remontée de son taux de dépôt, qui reste fixé à -0,40%, a estimé mardi Vincent Juvyns, responsable de la stratégie de JPMorgan Asset Management.

Négatif depuis juin 2014 et abaissé progressivement pour être ramené à -0,4% en mars 2016, ce taux revient à faire payer les banques pour les liquidités qu’elles déposent auprès de la banque centrale, une stratégie qui vise à inciter le secteur à prêter aux entreprises et aux ménages.

La BCE, qui réunit son Conseil des gouverneurs jeudi, n’a à ce jour pas encore évoqué la possibilité de remonter ce taux en dépit d’une amélioration notable de la conjoncture économique ces trois dernières années, sa stratégie privilégiant la réduction progressive de ses achats d’actifs sur ses marchés avant d’entamer la remontée des taux.

“Je m’attendais à ce qu’ils évoquent le taux de dépôt avant la baisse du bilan, ils ont évoqué le tapering avant”, a expliqué Vincent Juvyns lors de la présentation des perspectives de JPMorgan AM pour 2018.

La totalité des économistes interrogés par Reuters dans la perspective de la réunion de jeudi s’attendent à ce que l’institution présidée par Mario Draghi prolonge le statu quo sur les taux tout en relevant ses prévisions de croissance et d’inflation.

La BCE devrait notamment réaffirmer que ses taux resteront inchangés, selon la formule désormais consacrée, “pendant une période prolongée et bien au-delà de l’horizon fixé pour les achats nets d’actifs”, soit au moins jusqu’en septembre de l’an prochain.

Pour autant, estime Vincent Juvyns, “je pense qu’on va commencer à avoir des discussions sur le taux de dépôt dans les deux ans à venir, et plutôt tôt que tard”.

“Peut-être que l’action sera pour 2019 mais toutes choses égales par ailleurs, compte tenu de la dynamique actuelle en Europe, d’une inflation stable, du fait que l’’output gap’ sera clos l’an prochain, du fait que les créations d’emplois continuent, il y a quand même une opportunité pour le faire.

“Et il faut se réarmer pour une période qui pourrait être plus chahutée après 2019 si les Etats-Unis sont vraiment au bout du cycle.”

Au-delà du seul enjeu de politique monétaire, une telle perspective pourrait favoriser les valeurs bancaires, l’évolution du taux de dépôt ayant un impact mécanique sur leurs bénéfices.

“Aujourd’hui, le secteur bancaire a une taxe qui est inouïe au niveau européen: 1000 milliards d’euros sur la facilité de dépôt de la BCE taxés à 40 points de base”, a expliqué Vincent Juvyns. “Le jour où on revient à zéro ou à un niveau positif, vous imaginez le ‘boost’ sur la rentabilité !”

Marc Angrand, édité par Patrick Vignal

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