December 6, 2017 / 1:09 PM / 9 months ago

GESTION 2018-La zone euro à privilégier plutôt que les Etats-Unis-Natixis

* L’économie et les profits resteront bien orientés en zone euro

* Attention toutefois au niveau de la devise européenne

* Le marché d’actions américain est cher

* Incertitudes sur les politiques budgétaire et monétaire aux USA

PARIS, 6 décembre (Reuters) - La conjoncture économique restera favorable en 2018 en zone euro et les marchés d’actions de la région devraient profiter de la croissance continue des profits dans un contexte de politique monétaire encore très accommodante, estiment les économistes et gérants de Natixis AM.

Aux Etats-Unis, les incertitudes sont en revanche plus nombreuses sur les politiques budgétaire et monétaire alors même que la valorisation du marché d’actions est très élevée.

Les équipes de Natixis sont ainsi à “sous-pondérer” sur les actions américaines et à “surpondérer” sur les actions européennes, ont-elles indiqué lors d’une conférence de presse de présentation de leurs perspectives pour 2018.

La croissance des bénéfices des entreprises est vraiment repartie en 2017, et elle devrait se poursuivre l’an prochain, indique Yves Maillot, directeur des actions européennes.

“La croissance des bénéfices est attendue à 8% en 2018, ce qui est un niveau relativement raisonnable qui pourrait être révisé à la hausse”, indique-t-il.

Attention toutefois au niveau de l’euro : “Un euro à 1,25-1,30 dollar mangerait la croissance des bénéfices attendue”, prévient le gérant, qui voit pour sa part un euro stable en 2018, autour de 1,20.

INCERTITUDES SUR LA FED

Yves Maillot parie également sur une accélération des opérations de fusions-acquisitions en Europe, notamment dans les secteurs de l’alimentation-boisson, de la santé-pharmacie, des télécoms et des technologies.

Cette tendance sur le M&A servirait de moteur aux marchés d’actions européens ou de support en cas de correction, explique-t-il.

La croissance économique de la zone euro s’emballe en cette fin d’année et devrait rester sur un niveau élevé en 2018, soutient par ailleurs Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM.

La conjoncture dans la région ne sera pas contrainte pas un resserrement de politique monétaire car la Banque centrale européenne (BCE) devrait continuer d’acheter des actifs au-delà de septembre 2018 en raison de la faiblesse de l’inflation, estime-t-il.

L’économiste est beaucoup plus prudent sur les Etats-Unis en raison des incertitudes pesant sur la gouvernance de la Réserve fédérale (Fed) au moment même où celle-ci devrait accélérer son resserrement monétaire. Natixis AM table sur au moins deux hausses de taux l’an prochain.

“Jay Powell (qui doit prendre la succession de Janet Yellen à la présidence de la Fed, ndlr) n’est pas expert sur la politique monétaire à un moment où la Fed normalise sa politique, où l’économie américaine est au plein emploi et où le marchés actions est au plus haut et probablement survalorisé”, indique Philippe Waechter.

L’économiste est aussi peu enthousiaste sur le projet de réforme fiscale aux Etats-Unis. “Cette mesure ne devrait pas générer de croissance économique supplémentaire, mais creusera le déficit, ce qui est un point sur lequel on doit être extrêmement vigilant”, estime-t-il.

“C’est une mesure qui peut dérégler le cycle économique des Etats-Unis”, ajoute-t-il.

Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal

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