October 18, 2017 / 3:20 PM / 9 months ago

ENTRETIEN MARCHÉS -Le "high yield" américain reste attractif - Muzinich

* L’alerte sur le secteur pétrolier est passée

* Le retour des investisseurs réduit la prime de risque

* Le taux de défaut devrait rester bas malgré la Fed

par Patrick Vignal

PARIS, 18 octobre (Reuters) - Malmené un temps par la chute des prix du pétrole, le marché des obligations américaines à haut rendement (“high yield”) a relevé la tête et mérite toujours l’attention des investisseurs soucieux de diversifier leur portefeuille en dépit d’une prime de risque moins élevée, assure Clint Comeaux, gérant de portefeuille US high yield chez Muzinich & Co, société de gestion d’actifs spécialisée dans la dette d’entreprise.

Le high yield, soit les obligations d’entreprises classées en catégorie spéculative par les agences de notation, présente davantage de risque que d’autres actifs mais offre du rendement dans un univers obligataire où il se raréfie.

Le rendement moyen du high yield américain était ainsi de 5,4% à fin septembre, selon les données de Bank of America-Merill Lynch, à comparer à 2,3% pour les emprunts d’Etat américains à 10 ans et des taux souvent négatifs pour les obligations souveraines de référence à échéance courte de la zone euro.

“C’est une classe d’actifs stratégique qui assure des revenus élevés tout au long du cycle économique, ce qui est particulièrement important dans un environnement de taux bas, et qui offre un rapport rendement-risque plus intéressant sur le long terme que les actions ou les emprunts d’Etat”, fait valoir Clint Comeaux.

LE “SPREAD” DE RÉFÉRENCE RESTE ÉTROIT

Très prisé par les investisseurs institutionnels et les fonds spéculatifs à un moment où les emprunts d’Etat ne rapportent plus rien, le high yield américain a connu une forte secousse avec la dégringolade des cours du brut à partir de 2014.

Cette classe d’actifs est en effet exposée à hauteur de près de 15% au compartiment de l’énergie, truffé d’entreprises de taille modeste avec de gros besoins de financement pour profiter de la révolution du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis.

La politique de l’Opep de laisser les cours du brut s’effondrer pour défendre ses parts de marché a durement frappé les acteurs américains de l’énergie, qui ont besoin de cours relativement hauts pour compenser les coûts élevés de l’extraction par fracturation hydraulique.

“Les risques sont toujours présents mais le risque de crédit a largement disparu, du fait de la remontée des cours du pétrole mais aussi d’avancées technologiques rendant l’extraction moins chère”, explique Clint Comeaux.

Les investisseurs sont ainsi revenus sur le marché du high yield américain à la fin 2016, ce qui a contribué à réduire la prime de risque associée. L’écart de rendement (“spread”) avec les emprunts d’Etat américains, indice clé de la rentabilité de cette classe d’actifs, est retombé à des niveaux proches de ceux d’avant la crise financière, même s’il a tendance depuis quelque temps à se stabiliser.

Ce “spread” s’établissait ainsi à 350 points de base fin septembre, contre un pic à 887 points de base au plus fort de la crise pétrolière en février 2016. En comparaison, celui de la dette d’entreprise classée en catégorie investissement ressort à 103 points de base, toujours selon BofA Merrill Lynch.

La perspective d’une remontée graduelle des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) fait planer par ailleurs la menace d’une hausse du coût du financement des entreprises américaines.

“En ce qui concerne le high yield, la protection qu’offre le spread devrait permettre de limiter le risque lié à la hausse de taux”, estime toutefois Clint Comeaux.

Malgré le renchérissement du coût du crédit, le taux de défaut des entreprises est appelé à se maintenir sous sa moyenne de long terme, ajoute le gérant.

L’ÉCONOMIE MONDIALE AU BEAU FIXE

La situation économique globale s’améliore en effet avec le retour de la croissance, même si l’inflation se fait toujours désirer, observe Clint Comeaux.

“Pour la première fois depuis la crise financière, nous voyons une croissance économique globalement coordonnée, ce qui offre de meilleures conditions pour toutes les classes d’actifs”, dit le gérant.

Conscient du stade tardif atteint par le cycle économique actuel, en particulier aux Etats-Unis, Clint Comeaux se montre cependant raisonnablement optimiste, sans écarter la menace d’une correction.

“Globalement, l’économie a encore une capacité de croître sans nécessairement montrer de signes de surchauffe”, dit-il.

“A la différence d’autres cycles, le cycle actuel n’a pas été alimenté par de l’endettement agressif de la part des entreprises et des particuliers. On pourrait faire valoir que le gonflement des bilans représente un risque mais je crois que ce cycle est d’une nature différente des précédents et qu’il est difficile de prévoir à quel moment il parviendra à maturité.”

édité par Blandine Hénault

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