October 17, 2017 / 3:04 PM / 9 months ago

Banque d'Italie-La coalition au pouvoir ne veut plus du gouverneur

par Giuseppe Fonte

ROME, 17 octobre (Reuters) - La coalition au pouvoir en Italie songe à déposer une motion au Parlement dans laquelle elle demanderait à ce qu’Ignazio Visco ne soit pas reconduit à son poste de gouverneur de la Banque d’Italie (BoI) lorsque son mandat arrivera à terme à la fin du mois, ont déclaré des sources politiques mardi.

Certains partis de l’opposition, au premier rang desquels le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), ne pardonnent pas à Visco d’avoir été à la tête de la banque centrale lorsque se sont produits des scandales bancaires en série. Ils observent aussi que durant son mandat, les créances douteuses n’ont cessé de s’accumuler dans les bilans bancaires, au point que 10 établissements ont mis la clé sous la porte en deux ans.

La position du Parti démocrate au pouvoir et de ses alliés est pour l’heure bien moins claire.

Ces derniers ont préparé projet de motion, dont Reuters a pris connaissance, dans laquelle ils demandent au gouvernement de trouver un autre candidat pour le poste “mieux à même de garantir un regain de confiance” envers l’institut d’émission.

Le gouverneur de la Banque d’Italie est désigné par le président de la République, actuellement Sergio Mattarella, sur recommandations du gouvernement et de l’organe de surveillance interne de la banque centrale.

Les déboires du secteur bancaire italien seront sans doute l’un des thèmes de campagne des élections du printemps prochain et en évinçant Visco les partis au pouvoir espèrent émousser une opposition qui n’a de cesse de les vilipender sur la façon dont la crise a été gérée.

Visco a essuyé ses premières critiques fin 2015 avec la chute de quatre banques régionales qui a mis sur la paille des milliers de personnes qui avaient souscrit à leurs actions et obligations et un retraité qui avait investi dans l’un des établissements, Banca Etruria, s’était donné la mort par désespoir.

Le parlement a créé le mois dernier une commission pour enquêter sur les scandales bancaires mais il est peu probable qu’elle ait achevé ses travaux avant les élections.

Les banques italiennes détiennent près de 30% des 915 milliards d’euros de créances douteuses de la zone euro et les investisseurs craignent que les nouvelles directives avancées ce mois-ci par la Banque centrale européenne (BCE) n’aboutissent à la constitution de nouvelles provisions pour dépréciation.

Visco occupe ses fonctions depuis 2011 et est considéré comme un proche de Mario Draghi, le président de la BCE qui le précéda à son poste.

Même si la BCE supervise directement les 15 premières banques italiennes depuis 2014, la Banque d’Italie assure celle du reste du secteur bancaire, le quatrième en puissance de la zone euro. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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