October 17, 2017 / 2:59 PM / 10 months ago

Brexit-L'UE demande des efforts à Londres

* Aucune avancée lors du dîner de lundi à Bruxelles

* Londres doit faire plus, disent les Européens

* Theresa May a peu de marge de manoeuvre

par Gabriela Baczynska et Elizabeth Piper

LUXEMBOURG/LONDRES, 17 octobre (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont demandé mardi à la Grande-Bretagne de faire plus de concessions dans les négociations sur le Brexit, ce qui ne laisse guère présager une avancée lors du Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles.

Lors d’un dîner lundi dans la capitale belge, la Première ministre britannique, Theresa May, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sont convenus que les négociations devraient “accélérer dans les prochains mois”.

Dans un communiqué conjoint diffusé à l’issue de leur rencontre, les deux dirigeants disent avoir partagé un dîner de travail “dans une atmosphère constructive et amicale”, mais ils n’évoquent aucune percée avant le Conseil européen de la fin de la semaine.

Pour les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept, réunis à Luxembourg, il faut pourtant que Theresa May dise clairement combien Londres compte verser pour solder les comptes de ce divorce, avant de pouvoir engager les discussions sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE.

“Il faut être deux pour accélérer” le processus, a souligné Michel Barnier à son arrivée mardi à Luxembourg. “Ce que nous avons dit à la Première ministre (Theresa) May, c’est qu’il est très important de maintenir cette dynamique constructive dans les deux prochains mois”, d’ici le Conseil européen de décembre, a-t-il ajouté.

PROGRÈS INSUFFISANTS

Les dirigeants européens devraient redire vendredi aux Britanniques que les progrès sont encore insuffisants sur les modalités du divorce pour pouvoir lancer les discussions sur les futures relations commerciales entre Londres et les Vingt-Sept, sans toutefois exclure que cela devienne possible en décembre.

“L’aiguille de l’horloge avance très vite. Nous avons beaucoup de travail devant nous”, a souligné Michel Barnier. Si le négociateur français veut accélérer les choses, il refuse toutefois de brûler les étapes.

“Il faut faire un pas après l’autre”, a-t-il insisté, “et nous n’avons pas encore fini de faire le premier pas”, celui qui porte sur les modalités de la rupture, notamment le prix que Londres est prêt à payer.

Après le mauvais résultat des conservateurs aux élections législatives britanniques de juin, Theresa May, contestée au sein même de son parti, a peu de marge de manoeuvre.

Le chef de la diplomatie néerlandaise, Bert Koenders, a souligné que des progrès devaient être faits sur les trois grands sujets au coeur des discussions - le chèque britannique, les droits des ressortissants de l’UE au Royaume-Uni après le Brexit et l’avenir de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

MAIN TENDUE

Mais il a rappelé que les Vingt-Sept étaient prêts à tendre la main à Londres en envisageant des discussions internes, sans la participation des Britanniques, préparatoires à la phase deux des négociations - la transition post-Brexit après mars 2019.

Plusieurs ministres européens estiment qu’il est difficile de discuter avec une Première ministre britannique soumise dans son pays aux pressions des “durs” du Brexit.

“Il est parfois très difficile de voir et de comprendre ce qu’attend vraiment la Grande-Bretagne de ces négociations”, a déploré le Finlandais Samuli Virtanen.

S’exprimant mardi au Parlement britannique, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a déclaré que le dîner de lundi à Bruxelles avait été “productif et amical”.

“Nous avons été tout à fait clairs: nous ne pouvons régler les implications financières du retrait du Royaume-Uni (de l’UE) et les autres aspects du problème que dans le cadre du règlement de toutes les questions”, a-t-il dit.

Certains membres du Parti conservateur, ardents partisans du Brexit, exhortent Theresa May à se retirer des négociations s’il n’y a pas de progrès en fin de semaine à Bruxelles. Le ministre du Brexit, David Davis, a cependant exclu mardi un retrait des discussions. (Guy Kerivel pour le service français)

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