October 17, 2017 / 1:34 PM / 9 months ago

SYNTHESE-Le bras de fer se poursuit entre Madrid et Barcelone

par Raquel Castillo et Sam Edwards

MADRID/BARCELONE, 17 octobre (Reuters) - Le bras de fer s’est poursuivi mardi entre le gouvernement espagnol et les autorités séparatistes de Catalogne, qui ont jusqu’à jeudi matin pour renoncer clairement à une proclamation unilatérale d’indépendance, faute de quoi Madrid menace de suspendre l’autonomie de la région.

Madrid avait donné initialement au président catalan jusqu’au 16 octobre à 10h00 (08h00 GMT) pour clarifier sa position sur la proclamation d’indépendance. Carles Puigdemont a désormais jusqu’à jeudi 10h00 pour le faire.

Dans une lettre à Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol, Puigdemont n’a pas répondu directement à la question - l’indépendance est-elle proclamée, oui ou non ? - mais a prôné un dialogue avec Madrid, proposant de rencontrer Rajoy “le plus rapidement possible”.

Mardi, un porte-parole de la Généralité a affirmé que la réponse du gouvernement catalan jeudi serait identique à celle faite lundi. “Renoncer n’entre pas dans les scénarios du gouvernement”, a déclaré Jordi Turull. “Jeudi, nous ne dirons rien de différent de ce qui a été dit lundi”.

L’incarcération de deux responsables d’associations indépendantistes, lundi, a encore fait monter la tension.

L’Audience nationale, la plus haute juridiction espagnole, a ordonné la mise en détention préventive, sans possibilité de libération sous caution, de Jordi Sanchez, chef de l’Assemblée nationale catalane (ANC), et de Jordi Cuixart, dirigeant d’Omnium Cultural, une association qui oeuvre pour la promotion de la langue et de la culture catalanes.

“PRISONNIERS POLITIQUES”

Carles Puigdemont a réagi à cette décision de justice sur Twitter: “L’Espagne emprisonne des dirigeants de la société civile catalane pour avoir organisé des manifestations pacifiques”. “Malheureusement, nous avons de nouveau des prisonniers politiques”, a ajouté le président catalan en allusion à la dictature franquiste.

Les deux militants sont accusés d’avoir joué un rôle clé dans l’organisation en septembre d’une manifestation pendant laquelle des gardes civils espagnols avaient dû se retrancher dans un bâtiment administratif de Barcelone alors que leurs véhicules étaient incendiés.

Le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a rejeté cette interprétation. “On peut parler d’hommes politiques en prison mais pas de prisonniers politiques”, a-t-il souligné. “Ce ne sont pas des détenus politiques car la décision d’hier (de placement en détention) correspondait à un crime (supposé)” et non à un délit d’opinion, a ajouté le ministre.

Inquiété dans la même affaire, le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, s’est vu interdire de quitter le pays et son passeport a été confisqué. La cour n’a toutefois pas ordonné son placement en détention comme le procureur l’avait demandé.

L’ANC de Jordi Sanchez a lancé un appel à des manifestations pacifiques dans toute la Catalogne mardi. La plus importante devait se tenir à Barcelone dans la soirée.

Le référendum d’autodétermination organisé le 1er octobre, marqué par la victoire massive du “oui” (90% des voix) à l’indépendance malgré un faible taux de participation (43%), a ouvert une profonde crise politique en Espagne.

Mardi, la Cour constitutionnelle espagnole a invalidé la loi référendaire adoptée le 6 septembre par le gouvernement régional catalan, texte qui avait entraîné la tenue de ce référendum. (Avec Carlos Ruano, Inmaculada Sanz, Paul Day et Sonya Dowsett; Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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