October 17, 2017 / 8:24 AM / a year ago

BOURSE-Airbus grimpe, l'accord avec Bombardier apprécié

PARIS, 17 octobre (Reuters) - Airbus affiche la plus forte hausse de l’indice CAC 40 mardi matin après l’annonce de la prise de contrôle de l’activité d’avions de ligne du canadien Bombardier, d’autant plus appréciée par le marché que le groupe aéronautique connaissait depuis deux semaines une passe boursière difficile.

Le titre gagne 2,48% à 78,98 euros après plus d’une heure d’échanges alors que le CAC 40 recule de 0,28%. Il se classe également en tête de l’indice EuroStoxx 50 de la zone euro, qui cède 0,21%.

Airbus et Bombardier ont annoncé dans la nuit que l’avionneur européen allait prendre 50,01% du programme d’avions de ligne CSeries du canadien, sans que cela entraîne le moindre coût dans l’immédiat.

L’opération permettra notamment de produire le CSeries dans l’usine Airbus installée en Alabama, et donc d’échapper aux droits de douane de près de 300% décidés au début du mois par les Etats-Unis à l’encontre de Bombardier, accusé de dumping par le géant américain Boeing.

“La beauté de l’opération réside dans sa gratuité (relative car des investissements seront nécessaires)”, commente Tangi Le Liboux, analyste marchés chez Aurel BGC. “Airbus ne dépensera pas un euro à court terme, mais s’engage à apporter son savoir-faire industriel et commercial au service du programme CSeries.”

“L’avionneur européen se renforce ainsi sur un segment de marché qu’il avait délaissé, celui des moyen-courriers de moins de 140 sièges”, ajoute-t-il.

Kepler Cheuvreux évoque pour sa part “un bon accord sur le long terme à condition que les commandes (du CSeries) augmentent par rapport aux 346 actuelles”.

LE TITRE A SOUFFERT DES ENQUÊTES ANTI-CORRUPTION

L’intermédiaire estime que “le CSeries complète à ravir la famille A320-A321” et salue l’absence de tout risque de voir la trésorerie d’Airbus sollicitée par l’avion canadien pendant les quatre ans à venir, puisque les actionnaires actuels de Bombardier s’engagent à couvrir à hauteur de 700 millions de dollars les besoins éventuels du programme sur la période.

Mais “le CSeries ne gagne pas d’argent et l’équilibre financier n’est pas pour tout de suite”, poursuit-il, concluant que l’impact de l’opération sur la valorisation d’Airbus ne sera sensible que sur le long terme.

Jefferies juge lui aussi “négligeable” l’impact financier potentiel pour Airbus d’ici 2020 mais il estime que depuis la tentative avortée de rapprochement avec Bombardier il y a tout juste deux ans, “la mise en service du CSeries et la restructuration du programme (...) ont probablement permis à Airbus de disposer d’une meilleure visibilité sur les aspects financiers du programme”.

En Bourse, avant le rebond de ce mardi, Airbus a perdu plus de 6% en huit séances, principalement en raison des craintes liées aux enquêtes anti-corruption en cours dans plusieurs pays.

Le président exécutif du groupe, Tom Enders, a prévenu au début du mois les 130.000 salariés du groupe qu’Airbus risquait de travers une période “turbulente et déroutante” en raison de ces enquêtes, susceptibles de déboucher sur des “pénalités importantes”.

Le conseil d’administration lui a depuis réaffirmé sa confiance.

Malgré le passage à vide des deux dernières semaines, l’action Airbus enregistre une progression de près de 26% depuis le début de l’année, contre un gain de 10,3% pour le CAC 40.

Marc Angrand, édité par Blandine Hénault

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