14 juillet 2017 / 09:06 / dans 4 mois

LEAD 4-L'amitié franco-américaine réaffirmée après le défilé du 14-Juillet

* Les “Sammies” mis à l‘honneur en début de défilé

* Hommage appuyé à l‘armée après la passe d‘armes budgétaire

* Macron rencontre les pupilles de la nation avant Nice (Actualisé avec Trump)

par Marine Pennetier

PARIS, 14 juillet (Reuters) - “Rien ne nous séparera jamais” : Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi la solidité de l‘amitié entre les Etats-Unis et la France à l‘issue du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet qui a arboré cette année les couleurs de l‘US Army, cent ans après l‘entrée des Etats-Unis dans la Première guerre mondiale.

Sous les yeux des deux chefs d‘Etat présents dans la tribune d‘honneur, les héritiers des “Sammies”, surnom donné aux militaires américains engagés en 1917, ont ouvert sur les Champs-Elysées ce défilé qui mobilisé 3.720 soldats à pied, 211 véhicules, 241 chevaux, 63 avions et 29 hélicoptères.

“Toujours durant notre Histoire (...) nous avons trouvé des alliés sûrs, des amis qui sont venus à notre secours”, a déclaré Emmanuel Macron lors d‘une brève allocution à l‘issue du défilé auquel ont également participé six F16 de la patrouille acrobatique américaine et deux avions de chasse furtifs F-22 Raptor.

“Les Etats-Unis sont de ceux-ci, c‘est pourquoi rien ne nous séparera jamais”, a-t-il souligné. “La présence aujourd‘hui à mes côtés du président Donald Trump et de son épouse est le signe d‘une amitié qui traverse les temps et je veux ici les remercier, remercier les Etats-Unis pour le choix fait il y a cent ans”, a-t-il ajouté, sous les applaudissements.

S‘exprimant sur Twitter peu avant de quitter Paris, le président américain a de son côté évoqué “le grand honneur” qu‘il avait eu de représenter les Etats-Unis lors de “ce magnifique défilé”. “Félicitations président Emmanuel Macron !”, a-t-il écrit.

La présence d‘un président américain au défilé du 14-Juillet, fête nationale tricolore, est une première depuis 1989 et la venue de George H.W Bush qui avait répondu à l‘invitation lancée par François Mitterrand à l‘occasion du bicentenaire de la Révolution française.

Ce centenaire tombe à point nommé pour les deux dirigeants, dont les relations - décrites comme “directes” par l‘Elysée et “formidables” par la Maison blanche - se sont crispées ces dernières semaines autour des questions du climat et du commerce.

Plus consensuelles, les questions de défense, notamment la lutte contre le terrorisme, ont offert jeudi à Donald Trump et Emmanuel Macron une fenêtre de tir pour insister sur le caractère “historique” de liens franco-américains.

EXASPÉRATION DE L‘ETAT-MAJOR

Point d‘orgue de la visite à Paris du président américain, ce défilé offre une bouffée d‘oxygène à Donald Trump, fragilisé aux Etats-Unis par de nouvelles accusations de collusion avec la Russie. Une forme de revanche également pour le président américain qui s‘était vu refuser, selon des médias, une parade militaire au moment de son investiture officielle en janvier.

Le défilé militaire s‘est tenu cette année dans un contexte économique tendu pour les armées françaises, qui avaient été sous le quinquennat précédent relativement épargnées par les coupes budgétaires.

Dans une charge d‘une rare virulence au sein de la “grande muette”, le chef d‘état-major des armées françaises a exprimé en termes crus sa colère contre l‘économie de 850 millions d‘euros imposée au ministère de la Défense.

S‘exprimant lors d‘un discours à l‘hôtel de Brienne jeudi soir, Emmanuel Macron a balayé les critiques et promis un budget de la Défense de la France de 34,2 milliards d‘euros en 2018 - contre 32,7 milliards cette année - dont 650 millions pour les opérations extérieures.

Invité sur RFI vendredi matin, le président de la commission Défense de l‘Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey, a “regretté” la décision de l‘exécutif d‘imposer 850 millions d‘euros d‘économie à la Défense.

“Surtout quand je vois l‘explication qui a été donnée par Bercy, puisqu‘on nous dit qu‘il faut faire quatre et quelque milliards d‘économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d‘ouverture de crédit pour la capitalisation d‘Areva”, a dit ce macroniste de la première heure.

SOUTIEN AUX PUPILLES DE LA NATION

Au lendemain de ses propos qui ont été perçus par certains militaires comme une humiliation infligée au chef d‘état-major des armées, Emmanuel Macron a rendu un hommage appuyé à l‘armée et aux différents corps des forces de sécurité.

“Leur loyauté, leur dévouement, leur force nous permettent de vivre selon les règles qu nous nous sommes choisis, je veux ici les en remercier”, a dit le chef de l‘Etat, déclenchant une salve d‘applaudissements.

“La nation tout entière vous en remercie, et je sais que c‘est le prix du sang qui est parfois payé, je sais les morts pour la France, au service de la France”, a-t-il ajouté.

Dans un contexte de menace encore élevée en France, près de 11.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour le 14-Juillet dans la capitale, dont 3.500 pour assurer la sécurité du défilé, soit entre 200 et 300 de plus que l‘année dernière.

Le chef de l‘Etat, qui se rend à Nice en fin de journée un an après l‘attaque qui a fait 86 morts sur la promenade des Anglais, a rencontré à l‘issue de son discours des pupilles de la Nation.

“Parce que les ennemis de la France sur notre sol ou ailleurs dans le monde vous ont pris un être cher, la France vous doit son soutien constant et durable”, a-t-il déclaré. (Edité par Yann Le Guernigou)

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