12 juillet 2017 / 10:41 / il y a 5 mois

Berlin renforce la protection de ses entreprises stratégiques

BERLIN, 12 juillet (Reuters) - Le gouvernement allemand a adopté mercredi un décret permettant de bloquer la vente à des investisseurs étrangers d‘entreprises stratégiques, en réponse aux inquiétudes suscitées par la prise de contrôle de savoir-faire ou de technologies par des entreprises chinoises notamment.

“Nous demeurons l‘une des économies les plus ouvertes au monde mais nous devons aussi prendre en compte la loyauté des conditions de concurrence”, a déclaré la ministre allemande de l‘Economie, Brigitte Zypries.

“Nous le devons à nos entreprises. Elles sont souvent en concurrence avec des (entreprises de) pays dont les économies ne sont pas aussi ouvertes que la notre.”

A l‘automne dernier, Berlin a bloqué coup sur coup les projets de rachat de la filiale de la société d‘éclairage Osram et de l‘équipementier des semi-conducteurs Aixtron par des sociétés chinoises après avoir laissé filer le constructeur de robots industriels Kuka, racheté par le chinois Midea.

Les dirigeants de l‘Union européenne se sont accordés le mois dernier pour envisager un examen des investissements réalisés par les entreprises publiques chinoises.

La France, l‘Allemagne et l‘Italie ont plaidé pour une réglementation à l‘échelle européenne permettant de bloquer les investissements dans des entreprises stratégiques, en provenance de pays non-membres de l‘UE, notamment de Chine.

Certains pays de l‘UE comme la Suède ont toutefois émis des réserves estimant que ce projet risquait d‘accentuer le protectionnisme.

Les nouvelles dispositions adoptées en Allemagne précisent pour la première fois les critères permettant de bloquer une opération et définissent les secteurs concernés comme les opérateurs d‘infrastructures hospitalières ou de réseaux électriques.

Elles permettent aussi au gouvernement de porter de deux à quatre mois le délai d‘examen des opérations et prendront effet dès leur publication dans l‘équivalent allemand du Journal officiel.

En plein feuilleton sur l‘avenir industriel d‘Alstom, alors convoité par l‘américain GE, le gouvernement français avait adopté en mai 2014 un décret renforçant le dispositif de contrôle des investissements étrangers en France.

Il imposait un système d’autorisation préalable, venant du ministère de l’économie, aux groupes étrangers voulant racheter une entreprise française de l’énergie, des transports, de l’eau, de la santé et des télécoms.

Cette liste complétait celle d‘un décret de 2005, qui portait sur les activités relevant de la défense, de la sécurité privée, des technologies de l’information et des jeux d’argent. (Rene Wagner et Holger Hansen, Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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