6 juillet 2017 / 11:50 / il y a un mois

ECLAIRAGE-Hulot évoque un objectif très ambitieux pour la fin de l'essence

par Gilles Guillaume

PARIS, 6 juillet (Reuters) - En annonçant jeudi l'objectif d'une fin des ventes de voitures essence ou diesel en France d'ici 2040, Nicolas Hulot se projette au-delà de l'horizon étudié par la plupart des analystes et vise une trajectoire extrêmement ambitieuse au regard de la situation actuelle du marché.

Au premier semestre, le diesel et l'essence ont représenté pas moins de 95,2% des ventes de voitures neuves en France, réparties à peu près moitié-moitié entre le diesel (47,9%) et l'essence (47,4%), tandis que l'électrique pur a pesé 1,2% des immatriculations, et l'hybride essence-électrique 3,5%.

"Nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d'ici 2040", a déclaré le ministre de la Transition écologique en présentant son "plan climat". Il a ajouté qu'il s'agissait d'un objectif "évidemment qui est lourd", tout en étant convaincu que les constructeurs avaient dans leurs cartons les solutions technologiques adéquates.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de PSA, Renault ou du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Le durcissement régulier des normes européennes en matière d'émissions de CO2 ou d'émissions polluantes a déjà enclenché une transition vers des motorisations alternatives - cylindrées réduites, hybridations plus ou moins poussées et véhicules électriques - mais pas encore au rythme que laisse entendre l'objectif de Nicolas Hulot.

"Les constructeurs automobiles seront-ils prêts ?", s'interroge un analyste automobile. "Je suis dubitatif, d'autant qu'ils seront obligés de continuer à concevoir des moteurs thermiques pour le reste du monde, et qui dit voiture électrique ne dit pas non plus voiture sans énergie, avec certainement d'autres problèmes à la clé."

Les changements s'accélèrent toutefois. Volvo a annoncé mercredi que tous ses futurs modèles produits à partir de 2019 seraient électriques - ou hybrides. Quant à PSA, qui va la même année entamer le renouvellement de sa gamme électrique, il proposera systématiquement à terme une version hybride ou électrique pour chaque nouvelle voiture.

Des observateurs du secteur, comme Roland Berger ou BCG, ne voient d'ailleurs pas l'électrique pur peser plus de 10-11% du marché mondial des véhicules légers - voitures et fourgonnettes - à l'horizon 2030. Même Renault, l'un des plus ardents défenseurs de cette technologie, estime qu'elle ne pèsera vraisemblablement pas beaucoup plus de 10% à l'horizon 2025.

Pour les analystes de Roland Berger, BCG ou IHS, l'essence devraient représenter entre 40% et 51% du marché mondial des véhicules légers neufs en 2030 et le diesel, désormais en perte de vitesse, entre 3% et 15%.

Dans la plupart des scénarios, l'hybridation entre un moteur essence et un moteur électrique - qui permettra de rouler en mode totalement électrique en ville - est considérée comme une phase transitoire incontournable entre les motorisations d'aujourd'hui et l'électrique pur - qu'il soit à batterie ou à pile à combustible.

Les analystes évaluent que ces hybrides - qui embarquent toujours un moteur thermique - pèseront entre 34% et 38% du marché en 2030. Soit encore 74% minimum des ventes de véhicules neufs à travers le monde. (Avec Simon Carraud et Benjamin Mallet, édité par Patrick Vignal)

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