6 juillet 2017 / 12:20 / il y a 3 mois

LEAD 1-La BdF presse l'exécutif de redresser les comptes et de réformer

* Nécessité impérieuse de contrôler les dépenses

* Les premiers choix du gouvernement “lucides et courageux”

* Des réformes nécessaires pour combler les retards français (Actualisé avec précisions et citations supplémentaires)

PARIS, 6 juillet (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France a pressé jeudi l‘exécutif d‘agir avec audace pour redresser les comptes publics et de profiter de l‘amélioration de la conjoncture pour mener les réformes visant à rattraper les retards de la France.

Il faut avoir “l‘audace d‘aller assez loin sur les finances publiques, comme sur l‘exigence des réformes”, écrit François Villeroy de Galhau dans la lettre introductive au rapport annuel de la BdF, adressée au chef de l‘Etat et aux présidents des deux chambres du Parlement.

Il souligne que le respect du plafond européen d‘un déficit public sous 3% du produit intérieur brut (PIB) est “déterminant” pour “assurer la crédibilité de la France en Europe”.

Au-delà, “si la France n‘inverse pas, dans les années qui viennent, sa longue dérive des finances publiques, elle s‘exposera à un double choc négatif”, de compétitivité et de souveraineté, estime-t-il.

“Il est vital que nous retrouvions la maîtrise de notre dette publique pour faire face à la remontée des taux d‘intérêt”, faute de quoi “les intérêts absorberont toute notre marge de manoeuvre budgétaire”, a-t-il souligné lors d‘une conférence de presse.

DES ÉCONOMIES “PAS FACILES MAIS POSSIBLES”

Le Premier ministre a annoncé mardi dans son discours de politique générale à l‘Assemblée qu‘il ramènerait le déficit sous le seuil de 3% fin 2017, comme la France s‘est engagée à le faire auprès de ses partenaires européens, malgré le risque de dépassement identifié par la Cour des comptes.

Edouard Philippe, qui compte engager dans les deux ans toutes les réformes fiscales promises pendant la campagne électorale par Emmanuel Macron, prévoit également de stabiliser les dépenses publiques l‘an prochain à leur niveau de 2017, hors inflation, et de les ramener à 52% du PIB en 2022, ce qui correspond à une diminution de plus de 60 milliards d‘euros.

La reprise en main des dépenses “nécessite au moins la mise en oeuvre résolue” de ces 60 milliards d’économies “sans y inclure les économies mécaniques sur la charge de la dette induites par la baisse de son taux moyen”, écrit François Villeroy de Galhau dans sa lettre.

Il a estimé devant la presse que la stabilisation des dépenses prévue pour 2018 n‘aurait “pas d‘effet récessif”.

“Les économies ne sont jamais faciles ; mais avec ténacité, elles sont assurément possibles”, écrit-il, alors que l‘exécutif n‘a pas encore précisé comment il atteindrait ses objectifs.

BAISSE DES DÉPENSES ET RÉFORMES PAS CONTRADICTOIRES

Sur France Inter, François Villeroy de Galhau a jugé positives les orientations présentées par le Premier ministre, qualifiant l‘étalement des baisses d‘impôts sur la durée du quinquennat de “lucide et courageux”.

Le gouverneur, qui est membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, appelle parallèlement à “un effort massif et structuré” de simplification sur le marché du travail et celui des biens et services.

“Si nous faisons ces réformes (...) avec cette ambition globale de transformation, nous pouvons viser d‘être à 7% de taux de chômage” - soit l‘objectif affiché pour 2022 par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale, a-t-il dit.

“Il y a compatibilité entre reprendre le contrôle de nos dépenses publiques et faire les diverses réformes.”

Dans un entretien au quotidien Le Monde publié jeudi, il assure que “l‘idée, en France, qu‘il faille choisir entre dépenses publiques d‘un côté, et croissance et emploi de l‘autre, est fausse”.

D‘autant que le contexte est porteur : “la France comme l‘Europe connaissent un moment favorable”, “nous devons nous en saisir pour nous mobiliser collectivement et rattraper enfin les retards de la France”, a-t-il dit devant la presse.

Malgré des progrès, la France reste à la traîne de la zone euro et doit combler des retards persistants, estime-t-il : sa croissance potentielle trop basse, son taux de chômage structurel trop élevé et sa compétitivité insuffisante, reflétée par ses comptes extérieurs déficitaires.

Mais les perspectives s‘améliorent et la BdF estime désormais que la croissance de l‘économie française pourrait atteindre 1,6% cette année - contre 1,4% dans sa prévision de début juin - dans le sillage de la révision à la hausse par l‘Insee de la croissance du premier trimestre.

“C‘est une vraie reprise, même si elle reste modérée”, a souligné François Villeroy de Galhau. (Myriam Rivet, édité par Jean-Baptiste Vey)

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