5 juillet 2017 / 08:52 / il y a un mois

France-Vers une taxation des poids lourds, sans écotaxe

* Une taxe pour l'entretien des réseaux routiers

* Des péages sur certaines sections de routes ?

* L'ajustement se fera sur les grands projets

PARIS, 5 juillet (Reuters) - La ministre des Transports, Elisabeth Borne, relance l'idée d'une taxation des poids lourds étrangers transitant par la France afin qu'ils contribuent à l'entretien du réseau routier, tout en écartant l'hypothèse d'un retour de l'écotaxe, dans un entretien publié mercredi dans Les Echos.

"Les flux de camions qui transitent par nos territoires doivent eux aussi contribuer au financement de nos infrastructures", déclare-t-elle au quotidien économique tout en précisant que "ce ne serait pas une bonne idée" de relancer (l'écotaxe) en l'état".

L'écotaxe, dispositif voté en 2009 dans le sillage du Grenelle de l'environnement, lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, a été reportée à plusieurs reprises, puis suspendue en 2013 face à la fronde notamment des "Bonnets rouges" bretons. Son principe a été définitivement supprimé en novembre dernier lors du vote du budget 2017 à l'Assemblée et la Cour des comptes a dénoncé dans son dernier rapport annuel un "gâchis".

Elisabeth Borne, qui estime un débat nécessaire sur les ressources, souligne que des régions sont volontaires pour lancer des expérimentations dans ce domaine, par exemple en mettant en place "de(s) péages sur certaines sections de routes nationales, sans pénaliser les déplacements de proximité" ou en créant "comme l'a fait le Grand Paris, une taxe spécifique dédiée aux besoins en équipement."

LES "GRANDS PROJETS" MENACÉS

La ministre des Transports confirme les annonces effectuées par Emmanuel Macron samedi lors de l'inauguration des deux lignes à grande vitesse reliant Paris à Rennes et Bordeaux , à savoir une loi de programmation pour le premier semestre 2018 et la volonté de privilégier les transports de la vie quotidienne plutôt que les grands projets.

Cette loi "fixera les investissements sur les dix ans à venir, avec un cadrage budgétaire clair et des dépenses correspondant aux recettes sur les cinq prochaines années", précise la ministre en relevant que "sur le quinquennat à venir, près de 10 milliards de projets d'infrastructures ont été annoncés sans être financés".

"L'argent doit prioritairement aller à l'entretien et à la modernisation. L'ajustement se fera donc forcément sur les grands projets", souligne-t-elle.

Tout comme le chef de l'Etat samedi, la ministre des Transports ne cite pas les "grands projets" susceptibles d'être concernés, mais cela pourrait par exemple être le cas pour les nouvelles liaisons à grande vitesse (comme la LGV Bordeaux-Toulouse), ou le projet de canal Seine-Nord.

Elisabeth Borne précise en revanche que le projet CDG Express de liaison ferroviaire rapide entre Paris et l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle n'est pas concerné, puisqu'il "n'a pas vocation à fonctionner avec des ressources publiques".

"Les dépenses inscrites dans les contrats de plan Etat-région, qui visent à satisfaire des besoins de proximité, ne seront pas elles non plus remises en question", déclare-t-elle au quotidien économique. (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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