4 juillet 2017 / 16:16 / dans 5 mois

LEAD 1-France-L'exécutif veut mener toutes les réformes fiscales en deux ans

* Baisser la fiscalité et le ratio de dépense publique

* La réforme du CICE reportée pour préserver les comptes (Actualisé avec citations supplémentaires et contexte)

PARIS, 4 juillet (Reuters) - Le gouvernement engagera dans les deux prochaines années toutes les réformes fiscales promises pendant la campagne électorale par Emmanuel Macron, tout en réduisant le déficit public, a annoncé mardi Edouard Philippe.

Le Premier ministre, qui a exprimé sa colère devant l‘ampleur du dérapage budgétaire prévu par la Cour des comptes, s‘est engagé à ramener le déficit sous la limite européenne de 3% du PIB fin 2017 comme la France l‘a promis à ses partenaires européens.

En accumulant de la dette, “sous le regard inquiet des Français, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort”, a-t-il dit dans son discours de politique générale à l‘Assemblée, en annonçant la présentation à la rentrée d‘une loi de programmation des finances publiques couvrant le quinquennat.

Le taux de dépense publique sera baissé de trois points, soit plus de 60 milliards d‘euros, en cinq ans, et la dépense stabilisée l‘an prochain à son niveau de 2017, hors inflation.

Il faudra pour y parvenir arrêter l’inflation de la masse salariale du public et remettre en cause certaines missions et politiques comme l‘aide au logement, a dit Edouard Philippe.

“J‘ai conscience d‘appeler à l‘effort et au courage”, a-t-il ajouté. “Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisé. Partout nous chasserons la dépense inefficace et le saupoudrage de crédits.”

Pour éviter un bond du déficit, synonyme de foudres européennes, une mesure attendue pour l‘an prochain sera décalée d‘un an : la transformation du crédit d‘impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales.

Cette promesse entraînera un surcoût d‘environ 20 milliards d‘euros pendant un an, soit un point de PIB, ce qui rendrait impossible le maintien du déficit sous la barre de 3% en 2018.

BAISSE DE LA PRESSION FISCALE

Edouard Philippe n‘a pas dit quand commencerait la suppression de la taxe d‘habitation pour 80% des ménages, la promesse de campagne étant de l‘engager en 2018, et a expliqué que la réforme serait discutée avec les collectivités locales.

Il a cependant confirmé que les cotisations salariales maladie et chômage seraient supprimées en 2018 et la CSG augmentée pour financer cette mesure. La suppression progressive de la taxe d‘habitation devant atténuer la hausse de CSG pour les retraités, elle ne devrait pas être différée de beaucoup.

L‘impôt sur la fortune (ISF) sera comme promis recentré sur le seul immobilier, la réforme entrant en vigueur en 2019.

Un taux de prélèvement unique d‘environ 30% sur les revenus de l‘épargne sera voté, a confirmé le Premier ministre, sans dire quand. Il a cependant précisé que l‘ensemble des réformes fiscales serait engagé dans les deux années qui viennent.

Le taux de l‘impôt sur les sociétés sera baissé progressivement jusqu‘à 25% en 2022, la trajectoire étant fixée dans la loi de Finances pour 2018.

Au total, a déclaré Edouard Philippe, l‘exécutif veut réduire la pression fiscale d‘un point de PIB, soit plus de 20 milliards d‘euros, sur l‘ensemble du quinquennat.

Le président de la commission des Finances de l‘Assemblée, le député Les Républicains Eric Woerth, s‘est demandé comment le gouvernement comptait réduire les dépenses.

“La priorité du gouvernement, c‘est d‘augmenter la CSG. Est-ce que la priorité du gouvernement, c‘est de baisser absolument le pouvoir d‘achat des retraités ? C‘est une drôle d‘idée”, a-t-il dit sur BFMTV.

La trajectoire des finances publiques prévoira l‘équilibre financier de la Sécurité sociale à l‘horizon 2020, a précisé le chef du gouvernement, et des règles interdisant le déficit des comptes sociaux dans la durée seront fixées.

La suppression du régime social des indépendants (RSI) sera engagée en 2018 comme promis pendant la campagne présidentielle.

Ces mesures, accompagnées des réformes sociales, accroîtront l‘attractivité de la France, a dit Edouard Philippe, confirmant qu‘il annoncerait dans les prochains jours “des mesures fortes pour améliorer l‘attractivité de la place de Paris” afin de tirer au mieux profit du Brexit. (Jean-Baptiste Vey, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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