29 juin 2017 / 16:58 / il y a 2 mois

LEAD 1-France-Philippe promet de ramener le déficit à 3% du PIB fin 2017

* Le seuil des 3% sera atteint par des économies-Philippe

* En l'absence de pression des marchés, l'enjeu est d'abord diplomatique

* Il s'agit de convaincre les Européens du sérieux de la France (Actualisé avec citations et éléments supplémentaires)

PARIS, 29 juin (Reuters) - Le déficit public de la France sera ramené à 3% du produit intérieur brut à la fin de l'année, a promis jeudi Edouard Philippe, annonçant des mesures d'économie pour compenser un dérapage "inacceptable" orchestré par l'ancien exécutif.

Le Premier ministre a estimé que ce manque de sérieux plaçait la France "dans une situation de grande fragilité" et précisé qu'il dévoilerait sa stratégie de redressement budgétaire à partir de mardi, dans son discours de politique générale.

Selon la Cour des comptes, "nous héritons d’un dérapage de plus de 8 milliards d’euros, c’est inacceptable", a dit le chef du gouvernement, fustigeant "8 milliards d’euros de promesses non financées, 8 milliards d’euros de chèques en bois".

Ce dérapage s'entend par rapport à la prévision du précédent gouvernement, qui entendait ramener le déficit à 2,8% fin 2017, mais l'urgence, pour Emmanuel Macron et son gouvernement, est de revenir sous la limite européenne de 3%.

La France ne subissant aucune pression des marchés, l'enjeu pour l'exécutif n'est pas d'abord financier mais diplomatique.

Il veut prouver que les années d'"irresponsabilité" sont terminées et sortir la France de la procédure de déficit excessif pour convaincre Berlin de mener avec elle la relance de l'Union européenne et la réforme de la zone euro.

"Le gouvernement mettra un terme à la spirale de l'augmentation continue de nos déficits", a promis Edouard Philippe lors d'une déclaration au ton particulièrement grave.

"Nous nous engageons à contenir le déficit à 3% dès cette année. Nous ne le ferons pas en augmentant les impôts, nous le ferons par des mesures d'économies."

TOURNER UNE PAGE ET PROUVER SA CRÉDIBILITÉ

Le Premier ministre a pris les Français à témoin.

"Je souhaiterais que les Français mesurent l’ampleur de ce dérapage", a-t-il dit, comparant ces 8 milliards au budget de la Justice et à près de trois fois celui de la Culture.

Si l'on ajoute la situation des retraites, plus dégradée que ne l'avait dit le précédent gouvernement, "tous ces artifices placent la France dans une situation de grande fragilité, y compris vis-à-vis de nos partenaires européens", a-t-il ajouté.

En Europe, "nous sommes les derniers", a-t-il poursuivi.

Dans son rapport publié jeudi, la Cour des comptes prévient que la France ne pourra revenir sous les 3% comme elle s'y est engagée auprès de ses partenaires sans une "action vigoureuse et rapide".

Pour maintenir le déficit deux années de suite sous 3% et sortir enfin de la procédure de déficit excessif, le gouvernement pourrait être contraint de reporter la mise en oeuvre de promesses de campagne comme la suppression de la taxe d'habitation et la réforme de l'ISF.

"De manière évidente, c'est un sujet qui est posé", dit-on dans l'entourage du président de la République.

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a entrouvert la porte à un décalage de la transformation du CICE en baisse des cotisations sociales, disant vouloir "ouvrir des discussions avec les entrepreneurs" avant de lancer cette réforme.

En nommant un Premier ministre de droite et deux ministres de droite à Bercy, le chef de l'Etat a donné des gages aux conservateurs européens, qui fustigent depuis des années ce qu'ils considèrent comme le laxisme budgétaire français.

Jouissant d'un soutien particulièrement affirmé de la chancelière allemande, Angela Merkel, Emmanuel Macron doit prouver que ses promesses, accueillies avec espoir mais circonspection en Allemagne - la réforme du droit du travail et le sérieux budgétaire - sont plus qu'un voeu pieux.

La chancelière, qui espère commencer un quatrième mandat à l'issue des élections de septembre, doit pouvoir défendre cette alliance auprès de sa population et de son propre parti, surtout face à la volonté française d'instaurer un jour une forme de transferts financiers au sein de la zone euro. (Jean-Baptiste Vey, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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