30 juin 2017 / 14:14 / il y a 2 mois

POINT HEBDO-Les marchés changent de rythme mais pas de cap

(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi)

PARIS, 3 juillet (Reuters) - Après une semaine dominée par les anticipations de resserrement des politiques monétaires, les marchés financiers entament le deuxième semestre sur une note prudente, sans pour autant remettre en cause les éléments fondamentaux qui ont porté la hausse des actions et de l'euro depuis le début de l'année.

Au cours de la semaine à venir, qui sera interrompue à Wall Street par la fête nationale américaine célébrée mardi, une nouvelle série d'indicateurs permettra de mieux jauger l'évolution de l'activité économique et les perspectives d'activité des sociétés cotées en prélude à la saison des résultats.

En recul de 2,12% sur la semaine, l'indice large européen Stoxx s'est replié de 2,72% sur l'ensemble du mois de juin, sa plus mauvaise performance mensuelle depuis juin 2016. Le deuxième trimestre se solde ainsi par une baisse de 0,46% des actions européennes.

Il aura en revanche été le trimestre le plus favorable à l'euro depuis six ans: face au dollar, la monnaie unique s'est appréciée de plus de 7% sur avril-juin, des gains amplifiés depuis lundi par les propos de Mario Draghi au forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) au Portugal, dans lesquels la plupart des observateurs ont perçu un changement de ton susceptible de conduire à un resserrement de la politique monétaire.

Le billet vert, à l'opposé, affiche sa pire performance trimestrielle depuis sept ans (-4,6% pour l'"indice dollar" ), conséquence des doutes sur l'accélération de l'inflation et l'évolution de la politique de la Réserve fédérale.

VERS UN ÉTÉ AGITÉ ?

Ces mouvements parfois spectaculaires dans un contexte de volatilité toujours historiquement faible ne surprennent pas outre mesure les professionnels des marchés, pour qui le resserrement monétaire - déjà entamé aux Etats-Unis, à venir en zone euro - n'est qu'un corollaire logique de l'amélioration de la situation économique.

Deutsche Asset Management reste ainsi positif sur les actions européennes et met en avant l'effet durable de la diminution du risque politique en Europe après les élections françaises, notant que ce facteur "prédomine essentiellement outre-Atlantique désormais".

Georg Schuh directeur des investissements de la filiale de Deutsche Bank pour la région Europe-Moyen-Orient-Afrique, privilégie les actions allemandes, appelées selon lui à profiter de la conjoncture économique idéale de la première économie d'Europe.

"Il n'y a pas de chômage, la construction est très dynamique, il y a les investissements pour les réfugiés, les consommateurs achètent même le dimanche si les magasins sont ouverts ou sur internet, l'investissement des entreprises n'est pas très élevé mais il augmente", énumère-t-il.

Il évoque aussi l'adoption récente par le Parlement allemand d'une réforme des retraites par capitalisation qui devrait favoriser les flux vers les valeurs domestiques.

De son côté, Bank of America Merrill Lynch (BAML), bien que toujours à l'achat sur les actions européennes, prédit un été "agité" en constatant que la perspective du resserrement monétaire et la baisse des obligations coïncide avec un point haut des indicateurs avancés, un constat également mis en avant par Morgan Stanley.

PMI, ISM ET EMPLOI AMÉRICAIN VONT ANIMER LA SEMAINE

"L'économie mondiale se porte bien mais la tendance favorable à l'Europe a atteint un point haut", résume cette dernière en évoquant un pic à la fois des indices d'activité PMI et des révisions à la hausse des prévisions de résultats des sociétés cotées.

Les indices d'activité européens et américains attendus la semaine prochaine pourraient confirmer ce diagnostic: les PMI "flash" de la zone euro ont reculé en juin tandis qu'aux Etats-Unis, l'ISM manufacturier est attendu quasi-stable et celui des services en repli.

Le rapport mensuel sur l'emploi américain, vendredi prochain, complètera le tableau macroéconomique. L'évolution du salaire horaire moyen, notamment, sera étudiée de près en raison de son impact potentiel sur l'inflation.

Dernier point à surveiller: les cours du pétrole soumis aux influences souvent divergentes de la hausse continue de la production américaine, des difficultés des autres grands producteurs à encadrer leur production et aux fluctuations du dollar.

"Une hausse des cours du pétrole et/ou du noyau dur de l'inflation pourrait induire une violente réaction des taux longs et justifier des arbitrages sur la Bourse (hausse des bancaires, baisse des valeurs endettées et de l'immobilier côté)", explique Aurel BGC. "A l'inverse, une chute des cours du pétrole induit des anticipations de recul de l'inflation d'ensemble et une baisse des coûts énergétiques de production des entreprises."

Voir aussi:

* Regain d'aversion au risque, les actions US en première ligne

* Croissance à deux chiffres en vue pour les actions en zone euro

* Les actions américaines devraient ralentir leur progression (Marc Angrand, édité par Marc Joanny)

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