3 juillet 2017 / 17:19 / il y a un mois

Dior, pour ses 70 ans, célèbre ses aventurières

* Un défilé de haute couture en hommage au créateur

* Une rétrospective au musée des Arts décoratifs

* Les ventes de la couture en hausse à deux chiffres-PDG

* Le PDG de Dior évoque une "prise de confiance" en France

par Pascale Denis

PARIS, 3 juillet (Reuters) - Pour fêter les 70 ans de Christian Dior, sa directrice artistique a présenté lundi à Paris un défilé de haute couture automne-hiver en forme d'hommage aux beautés altières et voyageuses du créateur disparu en 1957.

Dans un décor de savane, de désert et de pinède planté devant l'église des Invalides, Maria Grazia Chiuri revisite la célèbre veste "Bar" de Dior dans des tailleurs aux tons gris - couleur fétiche du couturier - ceinturés sur de vastes jupes inspirées de modèles des années 1950.

Sous une carte des cinq continents, le gris parfois infusé de rose se décline aussi dans d'amples robes bustier aux superpositions de tulle, tandis que d'amples manteaux brodés mettent en valeur le savoir-faire des ateliers.

"Christian Dior a traversé le monde dès 1947. Cette fois-ci, nous avons fait venir les cinq continents à Paris", a déclaré à Reuters Sidney Toledano, PDG de Christian Dior, en marge du défilé.

La créatrice italienne, qui signe son deuxième défilé de haute couture pour la maison de l'avenue Montaigne, a selon lui "fait changer les clientes" de la griffe.

"Nous avons beaucoup de nouvelles clientes et Maria Grazia Chiuri a aussi fait tout de suite adhérer les clientes existantes, en apportant sa vision de femme, un confort dans le vêtement et les matières."

La cliente Dior a aussi rajeuni, grâce notamment à l'essor de la demande asiatique, sans pour autant que Dior ait eu à renoncer à son positionnement d'excellence, a-t-il souligné.

Il a aussi dit assister à une "prise de confiance en France" avec l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République et s'est félicité d'un "état d'esprit extrêmement positif".

Evoquant des indicateurs mondiaux "plutôt favorables", le PDG a précisé que la haute couture avait, comme l'ensemble de la maison Christian Dior, signé une croissance à deux chiffres au dernier trimestre 2016 et au premier trimestre 2017.

DIVERSIFICATION RÉUSSIE

Comme Louis Vuitton (LVMH) ou Gucci (Kering ), Dior a été porté par un contexte devenu nettement plus favorable pour le luxe, grâce à un rebond de la demande chinoise et à une reprise des flux touristiques en Europe.

La marque compte près de 200 magasins dans le monde, qui représentent environ 90% de ses ventes. Elle a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires de 1,94 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 13,1%.

Elle a, comme Chanel, réussi sa diversification hors de son coeur de métier - le vêtement - qui ne compte plus, selon les analystes d'Exane BNP Paribas, que pour environ 15% de ses ventes, le reste étant réalisé dans la maroquinerie, les accessoires et les souliers.

Dior Couture, qui a fait l'objet d'une offre de LVMH dans le cadre d'une simplification des structures de détention de la famille Arnault, sera intégré au groupe LVMH à compter du second semestre 2017.

La haute couture, qui compte 15 membres permanents et sept membres "correspondants", accueille aussi à Paris près d'une vingtaine de griffes invitées.

Si elle n'habille d'une poignée de riches clientes dans le monde - dont le nombre est évalué à 200 ou 300 seulement par des professionnels du secteur -, elle constitue une importante vitrine pour les griffes et contribue au rayonnement de l'industrie du luxe.

L'association de joailliers comme Boucheron (Kering), Bulgari (LVMH) ou Chopard, qui présentent leurs collections de haute joaillerie durant cette semaine, participe elle aussi à l'attractivité de la capitale.

Le 70e anniversaire de Dior est aussi célébré par une rétrospective au musée des Arts décoratifs. L'exposition, la plus importante jamais réalisée par le musée pour une maison de couture, présente plus de 300 robes du créateur et des six directeurs artistiques qui lui ont succédé.

Elle retrace l'histoire du couturier et du succès mondial immédiat de ses premières collections "new look" et y mêle de nombreux dessins, tissus ou mobilier du XVIIIe siècle dont Christian Dior était très friand.

Le clou de l'exposition, dans la dernière salle, est constitué de deux robes du soir "Vénus" et "Junon" brodées par René Bégué, dit Rébé, célèbre brodeur parisien d'après-guerre.

"Elles sont la quintessence de l'esprit Dior, celui de transformer les femmes en princesses", a déclaré à Reuters Florence Muller, co-commissaire de l'exposition.

Edité par Dominique Rodriguez

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