26 juin 2017 / 18:33 / il y a 2 mois

Draghi (BCE)-Les inégalités en Europe créent de l'instabilité

LISBONNE, 26 juin (Reuters) - Les inégalités croissantes en Europe sont extrêmement déstabilisantes et les gouvernements doivent s'y attaquer à travers l'éducation, l'innovation et l'investissement en capital humain, notamment des emplois pour les jeunes, a déclaré lundi Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE).

Les inégalités de revenus ont augmenté dans les pays de la zone euro depuis la crise financière de 2007-2009 et certains mesures montrent également des divergences de politique entre les pays riches du bloc et les pays plus pauvres, ce qui est source de tensions au sein des 19 Etats membres.

"Est-ce un facteur grave de déstabilisation auquel nous devrions nous attaquer?" a-t-il dit lors d'une de ses rares discussions ouvertes avec des étudiants à Lisbonne. "Oui."

"Nous devons lutter contre l'inégalité", a-t-il ajouté en réponse à une question d'un étudiant.

Les données d'Eurostat ont montré que seuls quelques Etats ont réussi à réduire les inégalités depuis la crise financière, alors qu'elles se sont au contraire fortement accentuées dans des pays comme la France et l'Espagne. Les chiffres montrent aussi que les inégalités sont particulièrement criantes en périphérie de la zone euro, comme en Grèce et au Portugal, les pays les plus profondément affectés par la crise.

Qualifiant de "fondamental" l'effort de convergence entre Etats de la zone euro sur ce plan, Mario Draghi a ajouté que la meilleure façon de combattre les inégalités était de créer des emplois grâce à une augmentation des investissements dans l'éducation, le développement des compétences et l'innovation.

Il a aussi appelé les Etats membres à mener de meilleures politiques de redistribution des revenus et de la richesse.

Défendant la politique ultra-accommodante de la BCE, Mario Draghi a souligné que les taux ultra-bas créaient des emplois, alimentaient la croissance et bénéficiaient aux emprunteurs, ce qui en dernier ressort réduisait les inégalités.

Il a également rejeté les appels à une sortie rapide de la politique ultra-accommodante de la BCE, notant qu'une normalisation prématurée de la politique monétaire européenne entraînerait à nouveau de la récession et plus d'inégalités. (Balazs Koranyi, Juliette Rouillon pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below