20 juin 2017 / 08:20 / il y a 5 mois

Brexit: Hammond insiste sur la nécessité d'éviter un "saut dans le vide"

LONDRES, 20 juin (Reuters) - Au lendemain du lancement officiel des négociations du Brexit avec les Européens, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a de nouveau défendu mardi matin la nécessité d‘éviter que la sortie de l‘Union européenne ne se transforme en “saut dans le vide” pour le Royaume-Uni et ses entreprises.

“Nous aurons presque certainement besoin d‘une période de mise en oeuvre, en étant hors de l‘union douanière (de l‘UE) mais avec le maintien des arrangements douaniers actuels, jusqu‘à ce que s‘appliquent de nouveaux arrangements à long terme”, a-t-il dit lors d‘un discours prononcé devant un parterre de financiers à Mansion House auquel participait aussi le gouverneur de la Banque d‘Angleterre, Mark Carney.

Le Royaume-Uni, a dit Hammond, devra conserver de solides relations commerciales avec les marchés européens une fois le divorce effectif, sans doute d‘ici au 29 mars 2019.

Observant que les discussions de lundi entre son collègue chargé du Brexit, David Davis, et Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens désigné par la Commission européenne, ont constitué un “coup d‘envoi positif”, il a ajouté que les choses allaient nécessairement se durcir entre les deux parties.

Il a aussi estimé que la Grande-Bretagne devait prendre la tête d‘une “croisade” en faveur de l‘ouverture et de la libéralisation des marchés mondiaux des services - un des moteurs principaux de l‘économie britanniques.

Il a aussi déclaré que le pays souhaitait rester ouvert à l‘immigration de salariés qualifiés et compétents. La reprise d‘une maîtrise nationale de l‘immigration a été l‘un des arguments des partisans du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016 par lequel 52% des électeurs britanniques ont opté pour un divorce avec l‘Union européenne après 44 ans de vie commune.

L‘objectif, a expliqué Hammond, est de rester ouvert “aux talents, aux idées et au capital” qui ont porté les succès de l‘économie britannique.

“Même si nous aspirons à gérer l‘immigration, nous n‘aspirons pas à la stopper”, a dit le ministre des Finances, qui avait fait campagne il y a un an pour le maintien dans l‘UE et incarne, au sein du gouvernement britannique, une approche modérée du Brexit.

Pour ce qui est de l‘activité bancaire, il a par ailleurs jugé indispensable de mettre en oeuvre un nouveau système permettant aux établissements bancaires britanniques et européens de continuer à faire des divorces une fois le Brexit devenu réalité.

“Une fragmentation des services financiers aurait pour résultat une qualité amoindrie et des produits plus chers pour tous ceux qui sont concernés”, a-t-il dit.

Hammond souhaite remplacer le “passeport bancaire européen” dont bénéficient actuellement les banques et les compagnies d‘assurance britanniques par de nouveaux arrangements “réciproques et fiables” permettant des transactions entre le Royaume-Uni et l‘UE.

“Ils devront, et c‘est crucial, permettre une gestion des risques rapide et coordonnée des deux côtés”, a-t-il souligné.

William Schomberg et Huw Jones; Henri-Pierre André pour le service français

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