15 juin 2017 / 22:43 / il y a 2 mois

LEAD 1-La Grèce obtient €8,5 mds et des pistes pour alléger sa dette

* Les créanciers reconnaissent des progrès dans les réformes

* Déblocage de €8,5 mds de prêts pour passer l'été

* Les maturités des prêts peut-être étendues de 0-15 ans en 2018

* Le FMI se joint au plan d'aide sans débloquer d'argent de suite (Actualisé avec détails, contexte)

par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio

LUXEMBOURG, 15 juin (Reuters) - Les créanciers de la zone euro se sont entendus jeudi sur un prêt de 8,5 milliards d'euros à la Grèce, qui permettra au pays d'honorer des échéances cruciales cet été, et lui ont fourni des pistes en vue d'un possible allègement de sa dette en 2018 comme le souhaite le Fonds monétaire international (FMI).

La décision a été prise lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg, en présence de la directrice générale du FMI Christine Lagarde, après la mise en oeuvre par Athènes de toutes les réformes exigées par les créanciers à ce stade du programme d'aide internationale.

Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro, a précisé lors d'une conférence de presse que le prêt de 8,5 milliards d'euros serait versé en deux tranches.

Une première tranche de 7,7 milliards d'euros sera débloquée début juillet pour couvrir le remboursement de 6,9 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance et des arriérés de 0,8 milliard. La seconde, de 0,8 milliard, sera versée "après l'été", a-t-il dit.

Le FMI se joindra au programme d'aide, a dit Christine Lagarde à la presse, en proposant un financement de moins de deux milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) dont le montant exact sera déterminé en fonction de ce qu'il restera à fournir à la fin du plan d'aide de la zone euro à la mi-2018.

Le FMI ne débloquera toutefois pas d'argent tant que la zone euro n'aura pas fourni suffisamment de détails sur un possible allègement de la dette grecque en 2018 qui permettront à l'institution internationale de déterminer si la celle-ci peut être rendue soutenable.

Ce compromis laisse le temps à la zone euro, à la Grèce et au FMI de négocier les détails du futur allègement, a ajouté Christine Lagarde. L'arrangement ainsi conclu constitue la "deuxième meilleure solution possible" après un accord en bonne et due forme, a-t-elle estimé.

Pour satisfaire la demande de précisions du FMI, les ministres des Finances ont dit dans un communiqué qu'ils seraient disposés à envisager d'étendre les maturités et périodes de grâce de leurs prêts à la Grèce d'une période allant de zéro à 15 ans. La maturité moyenne est actuellement de 30 ans.

Mais ils n'ont pas été au-delà de cette concession et le FMI a jugé que ce n'était pas suffisant pour calculer la soutenabilité de la dette grecque.

Le sujet est particulièrement sensible en Allemagne, principal contributeur aux plans d'aide successifs, qui se prépare à des élections en septembre et entend maintenir la pression sur la Grèce pour qu'elle poursuive les réformes.

DIVERGENCES

La zone euro est réticente à s'engager sur un allègement chiffré de la dette dès maintenant, faisant valoir que la Grèce pourrait ne pas en avoir besoin si elle fait ce qui est attendu d'elle et maintient un niveau élevé d'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) sur les prochaines dizaines années.

Mais le FMI juge irréalistes les hypothèses de croissance économique et d'excédent primaire retenues par la zone euro et estime qu'Athènes a besoin d'un allègement du fardeau de la dette pour regagner la confiance des investisseurs et retrouver la capacité de se financer sur les marchés.

Pour surmonter les divergences sur les hypothèses de croissance grecque sur les prochaines décennies, la France a proposé de lier le degré de remboursement de la dette à l'évolution du PIB. Les ministres de la zone euro sont convenus d'étudier cette idée et de plancher sur un mécanisme qui pourrait être annoncé l'an prochain, à l'expiration du plan d'aide.

Le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos s'est félicité du compromis, un "grand pas en avant" selon lui qui "apporte beaucoup plus de clarté aux marchés et au peuple grec."

La Grèce fait valoir qu'elle a fait sa part d'efforts en faisant voter des baisses de retraites et hausses d'impôts.

"La Grèce a tenu ses engagements et adopté les réformes requises. Il est maintenant temps pour les Européens de respecter leurs engagements sur l'allègement de la dette", a déclaré le président Prokopis Pavlopoulos dans un entretien au quotidien allemand Handelsblatt.

A Athènes, quelque 1.500 retraités ont protesté contre la dizaines de baisses des pensions qui se sont succédé depuis le début de l'austérité il y a sept ans, maintenant ainsi la pression sur le Premier ministre Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale. (avec Renee Maltezou, Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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